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"Psychologiquement, c'est très dur": son opération pour une tumeur reprogrammée à cause du Covid-19

TEMOIGNAGE RMC - Marie devait se faire opérer après avoir été diagnostiquée d'un cancer en février, mais l'opération est retardée à cause des déprogrammations liées au Covid-19. Elle témoigne sur RMC.

Les déprogrammations ont un impact réél. 30 à 40% de déprogammation en Île-de-France, des déprogrammations aussi en PACA, dans l’Aisne et d’autres départements. La troisième vague du Covid-19 oblige une fois encore les hôpitaux à revoir toute leur organisation.

En Île-de-France, "le niveau de déprogrammation nécessaire pour atteindre le chiffre de 2.200 lits de soins critiques est en cours de calage avec les établissements", a assuré l'ARS.

Olivier Véran a annoncé dans sa conférence de presse que l'IDF va devoir déprogrammer 80% des opérations médicales non-Covid pour faire face au flux de patients.

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Des opérations sans risques déplacées, mais du stress en plus pour les patients

Selon une étude de la fédération Unicancer, les retards de prise en charge des patients atteints de cancer, lors de la seule première vague de Covid-19, pourraient causer un excès de décès de 1.000 à 6.000 patients dans les années à venir. 

Cela, sans même prendre en compte les vagues suivantes. La Ligue nationale contre le cancer estime quant à elle que 93.000 dépistages n’ont pu être effectués en 2020 en raison du coronavirus.

Les hôpitaux se démènent pour trouver lits et personnels. Ils repoussent des opérations sans risque, disent-ils, mais avec un supplément d’angoisse pour certains patients. Le calvaire des déprogrammés.

"En France, ça ne devrait pas arriver"

Diagnostiquée en février d’un cancer du sein. Marie devait se faire enlever une tumeur le 16 avril. Mais l’opération sera décalée d’une semaine, à cause du Covid, lui a annoncé son médecin au téléphone.

"Il y a eu un grand blanc au téléphone. Je me suis dit: je rêve, ce n'est pas possible, on ne peut pas faire vivre ça aux gens. C'est déjà un tsunami de recevoir la nouvelle d'un cancer. Et on nous fait vivre encore plus de la torture. En France, ça ne devrait pas arriver."

L’hôpital assure que seules les opérations sans risques sont décalées. Mais pour Marie, c’est une semaine de trop.

"Je ne veux pas laisser la moindre place à ce cancer. Forcément ça recule les traitements. Psychologiquement c'est très dur à supporter."

Cette nouvelle vague de déprogrammation massive, la 3e depuis le début de la crise, inquiète Céline Lis Raoux, de l’association RoseUp, qui accompagne les femmes victimes de cancer.

"Les retards ils sont successifs et s'ajoutent. Il y a des gens en attente d'opération, notamment de reconstruction, depuis un an et demi maintenant"

Son association essaie, quand cela est possible, de réorienter les patientes vers d’autres hôpitaux.

Martin Cadoret (avec J.A)