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Qu'est-ce que le "guichet", ce dispositif qui aide les malades non-covid abandonnés pendant cette crise sanitaire?

Depuis le début de l'année, une grande partie des appels traités concernent des victimes collatérales de l'épidémie de covid. Ca a été le cas au printemps dernier et c'est à nouveau le cas cet automne.

L'épidémie de Covid-19 fait aussi des dommages collatéraux sur les autres malades. Ceux qui ne sont pas touchés par le coronavirus, mais dont la crise actuelle à un impact sur leur prise en charge médicale avec des répercussions importantes qui conduisent parfois jusqu'à la mort. En Essonne, ces malades “abandonnés” peuvent se tourner vers le "guichet de réclamation santé", expérimenté depuis 2018. Des professionnels qui aident les personnes lésées à trouver une solution ou à déposer plainte. 

Le téléphone de la coordinatrice du guichet, Christine Bellot, sonne régulièrement. Son carnet d’appel est bien noirci dans lequel on retrouve l'histoire de Marie. En avril dernier, sa fille, lourdement handicapée, décède. Elle venait d'être hospitalisée, complètement déshydratée. “Dans cet hôpital, on m’avait dit ‘madame, je ne pourrais pas la garder ici’”, explique sa mère. 

En un mois, elle sera transférée dans trois hôpitaux successifs. Aucun ne fait les examens nécessaires pour trouver l'origine du problème.

“C’est le covid qui fait qu’ils n’avaient pas le temps. On remettait toujours les examens à plus tard au point qu’ils m’ont téléphoné pour me dire qu’ils allaient envoyer ma fille chez moi. Ce n’était pas important de soigner une gamine avec un handicap comme ça”, raconte-t-elle. 

Un dispositif à étendre

À ce jour, les causes du décès ne sont toujours pas connues. Et des cas comme ça, le Guichet en compte des dizaines depuis le printemps.

“Il y a effectivement beaucoup de pathologies qui sont abandonnées”, assure Philippe Naszalyi, président du Conseil territorial de santé qui gère le guichet. “Des maladies tout à fait banales qui d’un coup deviennent graves parce qu’elles n’ont pas été traitées. On ne donne pas les moyens au corps médical d'exercer sa mission”, appuie-t-il. 

Et au vu du nombre d'appels reçus venus d'autres départements, il serait bon, selon lui, d'étendre ce dispositif à toute la France.

Martin Bourdin avec Guillaume Descours