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"Rester en contact mais en allant vers eux": des associations d'écoute tentent de lutter contre le suicide

C'est la 23ème journée nationale de prévention du suicide aujourd'hui, alors que l'acte représente la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans. Aujourd'hui, de nombreuses associations tentent de prévenir les suicides en dialoguant avec ceux ayant déjà fait des tentatives.

Plus de 7% des adultes ont déjà tenté de se suicider tandis que 1 sur 20 y a déjà pensé au cours de l’année écoulée révèle Santé Publique France à l’occasion de la journée nationale de la prévention du suicide. S’il y a plus de tentatives chez les femmes il n’y a pas de profil type.

Il y a onze ans, Paul Guibert a perdu sa fille. S’il peut aujourd’hui en parler, le souvenir reste toujours douloureux: "C’était tellement énorme que je n’y croyais pas. Ma fille avait fait plusieurs tentatives avant. On avait essayé de me le dire mais c’était tellement impossible que je ne l’ai pas entendu", explique-t-il au micro de RMC.

"Prouver à la personne au bout du fil qu’elle existe"

D'abord démuni, Paul a trouvé un soutien auprès d'associations et a décidé à son tour d'écouter ceux qui ont besoin, en tant que bénévole pour l'association Empreintes: "La personne qui se suicide, souvent n’en parle pas auparavant. Notre rôle c’est juste de prouver à la personne au bout du fil qu’elle existe", explique Paul Guibert.

200.000 tentatives de suicide par an

On estime à 200 000 le nombre de tentatives de suicide chaque année en France. C'est pour prévenir la récidive qu'a été créé il y a 4 ans, le dispositif Vigilans: "Les gens qui font une tentative de suicide, quand il rentre chez eux, qu’est-ce qu’ils deviennent ? Est-ce qu’ils vont mieux ou pas ? L’idée c’est de les appeler s’ils l’acceptent quinze jours après leur sortie pour rester en contact mais en allant vers eux", explique le docteur Christophe Debien coordinateur du dispositif à Lille.

Depuis 2014, Vigilans a permis d'accompagner près de 13 000 patients dans les Hauts de France. Le dispositif devrait être implanté partout en France d'ici l'année prochaine.

Anaïs Bouitcha, Guillaume Dussourt