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Restrictions sanitaires, escroquerie autour des vaccins et nombre limité: ce qu'il faut savoir du pèlerinage à La Mecque cette année

Restrictions sanitaires, escroquerie autour des vaccins et nombre limité: ce qu'il faut savoir du pèlerinage à La Mecque cette année

Restrictions sanitaires, escroquerie autour des vaccins et nombre limité: ce qu'il faut savoir du pèlerinage à La Mecque cette année - afp

Le "hajj" est habituellement l'un des plus grands rassemblements religieux du monde et présente par conséquent un risque élevé de propagation du coronavirus.

Le grand pèlerinage à La Mecque, première ville sainte de l'islam en Arabie saoudite, prévu cette année à partir du 17 juillet avec un nombre réduit de fidèles en raison de la pandémie, est l'un des cinq piliers de l'islam. Le hajj, que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie, s'il en a les moyens, s'effectue une fois par an au début du mois lunaire musulman "dhou al-hajja".

Ainsi, cette année, pour la seconde année consécutive, seuls les fidèles résidant en Arabie saoudite pourront effectuer le hajj. Et bien que le nombre de pèlerins autorisés soit passé d'une dizaine de milliers en 2020 à 60.000 cette année, seules les personnes vaccinées pourront y participer.

Et une vaste escroquerie a été démantelée: plus de 120 personnes ont été arrêtées en Arabie saoudite pour leur implication dans une arnaque visant à changer illégalement des données liées au statut de vaccination et de contamination, a indiqué jeudi l'agence de presse officielle SPA.

Les autorités avaient annoncé en mai que la vaccination serait obligatoire à partir d'août pour entrer dans de nombreux lieux publics ou privés, comme dans les transports en commun. Et seuls les employés vaccinés dans les secteurs public et privé pourront retourner sur leur lieu de travail. Dans ce contexte, des "intermédiaires" cherchaient des clients sur les réseaux sociaux, leur proposant de modifier leurs données officielles relatives au coronavirus (contaminés ou non, vaccinés ou non, première dose, etc.), le tout "de manière illégale", a expliqué la SPA.

Sur les plus de 120 personnes arrêtées figurent neuf fonctionnaires du ministère de la Santé, 21 personnes ayant servi d'intermédiaires et 92 "clients", selon la même source. Les autorités saoudiennes avaient annoncé plus tôt en juillet avoir ouvert une enquête sur ce type de pratique, faisant état de plusieurs arrestations dont deux fonctionnaires du ministère de la Santé.

L'un des cinq piliers de l'islam

Le hajj, que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie, s'il en a les moyens, s'effectue une fois par an au début du mois lunaire musulman "dhou al-hajja". En revanche, le petit pèlerinage, ou Omra, peut être accompli tout au long de l'année.

Les autres obligations rituelles définies par la loi islamique, sont la profession de foi, la prière, le jeûne et la zakat (aumône).

- Etapes codifiées -

Le hajj est un ensemble de rites codifiés et inchangés depuis quatorze siècles qui se déroulent entre La Mecque et des vallées et collines environnantes, dans l'ouest du royaume.

Quand il arrive dans un périmètre fixé autour de La Mecque, le fidèle doit être purifié et ne porter que des pièces de tissu blanc non cousues pour les hommes, alors que les femmes portent des habits couvrant entièrement le corps, à l'exception des mains et du visage.

Les pèlerins ne doivent pas se parfumer ni se couper les cheveux. Ils doivent s'abstenir de toute querelle et de toute relation sexuelle.

A son arrivée à La Mecque, le pèlerin fait sept fois le tour de la Kaaba, une structure cubique érigée au centre de la Grande mosquée vers laquelle les musulmans se tournent pour faire la prière.

Il doit ensuite faire à sept reprises le chemin entre Safa et Marwa, proches de la Grande mosquée, sur les pas de Hajar, épouse d'Abraham. Selon la tradition, elle avait couru entre ces deux lieux pour chercher de l'eau pour son fils, le prophète Ismaïl, jusqu'à ce que la source de Zamzam jaillisse à ses pieds.

Une fois ce rituel accompli, le fidèle se rend dans la vallée de Mina, à cinq kilomètres à l'est de la Grande mosquée, pour y passer la nuit.

- Temps fort -

Au petit matin, les fidèles convergent vers le mont Arafat ou Jabal al-Rahma, mont de la Miséricorde, temps fort du pèlerinage. L'étape est dédiée aux prières et invocations.

C'est sur ce mont que le prophète Mahomet a prononcé, selon la tradition musulmane, son prêche d'adieu aux musulmans qui l'avaient accompagné pour le pèlerinage à la fin de sa vie.

- Lapidation des stèles -

A la tombée de la nuit, les pèlerins refluent vers la plaine de Mouzdalifa pour se préparer le lendemain à l'Aïd al-Adha, ou fête du sacrifice, la plus grande fête du calendrier musulman, célébrée en souvenir du sacrifice que faillit accomplir Abraham en voulant immoler son fils sur ordre de Dieu, avant de recevoir à la dernière minute un mouton qu'il égorgea à la place, selon la tradition.

Les fidèles se consacrent ensuite à la lapidation des stèles représentant Satan à Mina. Il faut jeter sept pierres le premier jour sur la grande stèle, et 21 le lendemain ou le surlendemain sur les trois stèles (grande, moyenne, petite).

C'est pendant ce rituel de lapidation qu'une bousculade avait coûté la vie à quelque 2.300 pèlerins en 2015. Le pèlerinage se termine par de nouvelles circonvolutions autour de la Kaaba.

- Avant l'islam -

Le pèlerinage s'inspire d'une tradition antérieure à l'islam, qui remonte à Abraham, patriarche biblique vénéré par les musulmans comme par les juifs et les chrétiens. La Kaaba abritait des centaines d'idoles antéislamiques, détruites en 630 par Mahomet lors de son retour triomphal à La Mecque.

La rédaction de RMC avec AFP