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"Rien n'est prévu pour nous accompagner aux toilettes, une camarade s'est fait dessus": le calvaire de prévenus handicapés au tribunal de Toulouse

TEMOIGNAGE RMC - Lors de l'audience, l'un des prévenus n'a pas pu s'exprimé par ce qu'un interprète n'a pas été missionné. Les documents n'ont pas été traduit en braille pour un autre mal-voyant.

Seize personnes dont certaines en fauteuil roulant étaient jugées ce mardi au Tribunal de Toulouse pour avoir envahi en octobre 2018 les voies SNCF de la gare Matabiau et les pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Les prévenus manifestaient pour la défense des droits des personnes handicapées, bafoués selon eux à l’époque par la Loi Elan. Ils protestaient aussi pour une meilleure accessibilité urbaine aux personnes handicapées.

Et côté accessibilité, le procès leur a donné raison. Le Palais de justice de Toulouse a été incapable de s'adapter aux nécessités d'accueil des handicapés. Odile Maurin et six autres prévenus en fauteuil roulant ont subi la double peine.

“Des audiences qui durent où rien n’est prévu pour nous accompagner aux toilettes une camarade s’est fait dessus. Une autre qui a des difficultés d'élocution, ils n’ont pas mis d'interprète à sa disposition pour qu’elle puisse parler, s’exprimer comme elle en a tout à fait le droit”, explique-t-elle.

Une action contre le ministère de l'Intérieur?

22 heures, fin de l’audience, aucun transport n’est prévu pour les personnes en situation de handicap. Le président du tribunal et le procureur doivent en personne débloquer la situation. Maitre Christophe Leguevaques l'avocat de plusieurs prévenus espère une prise de conscience.

“C’est devenu le procès de l'inaccessibilité et du non-respect de la loi par le tribunal lui-même. Des personnes handicapées ont réussi à faire comprendre pour la première fois peut-être que leur situation n’était pas prise en compte par les pouvoirs publics", assure-t-il.

De son côté, le tribunal de Toulouse assure que les dispositifs d’accès sont conformes. Ce que réfute cet avocat qui réfléchit à une action administrative contre le ministère de l'Intérieur.

Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours