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Stop-Covid: l'éventuelle application gouvernementale de "tracking" divise sérieusement la classe politique

La mise en place par les pouvoirs publics d'une application de "tracking" pour aider la lutte contre le coronavirus ne nécessiterait pas de vote du Parlement ce qui cause l'ire de l'opposition et même de parlementaires LREM.

Serons-nous bientôt tous "trackés"? Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus, le gouvernement réfléchit à la mise en œuvre d’une application smartphone "STOP-Covid".

Censée être disponible pour la sortie progressive du confinement à partir du 11 mai, cette application permettrait, grâce aux données recueillies sur son smartphone, d’être averti en cas de contact avec une personne malade. Tout sera anonyme et uniquement sur la base du volontariat assure le gouvernement.

Sous la pression de tous les partis d’opposition, Édouard Philippe n’exclut pas un vote

Mais l’idée divise sérieusement dans la classe politique. D’ailleurs, un débat aura lieu prochainement à l’Assemblée nationale puis au Sénat. Pour le moment, ce sera sans vote.

Pourtant, les députés de tous bords semblent déterminés à vouloir s’exprimer. Sous la pression de tous les partis d’opposition, Édouard Philippe n’exclut pas un vote lors du débat parlementaire les 28 et 29 avril. "Il n’a pas dit non, il n’a pas dit oui", temporise un de ses proches.

Jusqu’ici pourtant, le gouvernement a toujours expliqué que la mise en œuvre de l’application "stop-Covid" ne nécessitait pas de nouvelle loi, donc pas de vote. "Mais la question des libertés est trop sensible", s’agace un des leaders de l’opposition, alors que dans la majorité, certains élus émettent ouvertement des réserves sur le principe du tracking.

Même une trentaine de parlementaires LREM demandent un vote

"Je suis fondamentalement opposé à cette application", grogne un député marcheur qui la juge "trop dangereuse, car en rupture avec des libertés telles que le secret médical". Preuve que si un vote avait bien lieu, la partie serait loin d’être gagnée pour l’exécutif.

Apres les socialistes et communistes, une trentaine de parlementaires LREM ont déposé une proposition de résolution pour eux aussi demander un vote.

Paul Barcelonne (avec J.A.)