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Tabac, essence: "Que l'Etat arrête au moins de taxer les taxes avec la TVA!"

Nicolas Marques, directeur général de l’institut économique Molinari, coauteur d’une étude sur la fiscalité des carburants et des cigarettes, décrypte (et dénonce) la politique de taxes de notre pays ce jeudi dans Bourdin direct.

Le prix du paquet de cigarettes augmentera vendredi d'environ 50 centimes, du fait d'une hausse des taxes prévue par le gouvernement, qui vise un paquet à 10 euros fin 2020 afin de réduire la consommation de tabac en France.

A cette occasion, Nicolas Marques, directeur général de l’institut économique Molinari, co-auteur d’une étude sur la fiscalité des carburants et des cigarettes, était l'invité de Bourdin direct ce jeudi matin. 

Son think-tank libéral publie donc une étude intitulée: "La fiscalité sur les carburants et les cigarettes, comment l’automobiliste et le fumeur ont été transformés en vache à lait", et se montre donc très critique de la politique de taxes de la France.

"Ca s'est arrêté avec la crise des "gilets jaunes", mais il y a des voix qui disent qu'il faut à nouveau reprendre"

L'étude montre que les prélèvements sur ces deux produits sont sans commune mesure avec leur poids économique. Les prélèvements sur ces deux produits rapportent en effet 60 milliards d’euros de recettes fiscales aux finances publiques.

"Ca empire progressivement, car l'Etat augmente progressivement la TICPE. Ca s'est arrêté avec la crise des "gilets jaunes", mais il y a des voix qui disent qu'il faut à nouveau reprendre. On le voit que chaque année les recettes de l'Etat augmentent au titre de la TICPE, du droit sur les tabacs et au titre de la TVA que cela génère."

"On recherche depuis 40 ans d'autres ressources. Ca fait poser la question: jusqu'où va-t-on monter?"

Et lorsque l'on compare par rapport à nos voisins européens, les choses ne sont guères rassurantes. La France est toujours "championne d'Europe de la fiscalité", selon lui. Les recettes fiscales représentent en France 48,4% du PIB en France, soit 8,1 points de plus que la moyenne européenne. L'Hexagone est ainsi le numéro un du continent devant la Belgique et le Danemark, comme l'an passé.

"Nos voisins sont moins taxeurs, c'est l'ADN français. Le tabac est moins cher par exemple en Espagne, partout. C'est lié à notre dépendance aux taxes. On recherche depuis 40 ans d'autres ressources. Ca fait poser la question: jusqu'où va-t-on monter?"

"Au delà d'une certaine dose ça énerve les gens"

Il estime que l'impact moral de ces taxes indirectes, payées en achetant un litre d'essence par exemple, sont néfastes à partir d'un certain seuil.

"Au delà d'une certaine dose ça énerve les gens. Si on reprend les hausses de taxes sur l'essence, ça va exciter toute une série de personnes. Il y a 60 milliards d'euros de taxation sur ces produits qui ne représentent que 4% de la consommation des ménages et 20% des taxes indirectes. C'est disproportionné."

Son institut préconise un moratoire sur ces taxes, c'est à dire un arrêt complet de leur augmentation.

"Et si l'Etat n'est pas capable de le faire, qu'il arrête au moins d'arrêter de taxer les taxes. Le fait d'avoir d'avoir de la TVA sur les taxes, c'est une anomalie!", dénonce-t-il.

Les taxes qui touchent la cigarette (sur un paquet à 8,20 euros) : jusqu'à 554% du prix de vente hors taxes !

Prix de production : 1,11 euros

Droit de consommation sur les tabacs (DCT): 5,58 euros

TVA sur le DCT: 1,12 euros

TVA sur le prix de vente hors taxes: 0,25 euros

Contribution sociale: 0,04 euros

Autres fiscalités: 0,11 euros

J.A.