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"Tout est beaucoup plus fluide": avec ces médecins qui ont choisi de quitter l'hôpital public

Jours de congés supplémentaires, salaires plus élevés, de nombreux médecins du public sont de plus en plus tentés par un départ dans le privé, alors que la colère gronde à l'hôpital public.

Une manifestation nationale pour un "plan d'urgence pour l'hôpital public" est prévue ce jeudi. Dans une tribune publiée mercredi par le journal Le Monde, 70 directeurs médicaux de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) appellent à augmenter le budget alloué à la santé et à revaloriser les salaires des soignants, alors que "la fuite des médecins des hôpitaux universitaires met en péril (…) le niveau des soins".

Les médecins sont en effet de plus en plus nombreux à quitter le public pour le privé. C’est le cas de Marine Coroir, pour qui l’hôpital public était devenu épuisant, accompagné d’un sentiment de ne plus bien faire les choses. Alors il y a 3 mois cette anesthésiste-réanimateur de 33 ans a donc quitté un établissement public pour une clinique privée.

Salaire doublé et jours de repos augmentés

"Ce n’est pas du tout le même métier que de travailler dans le privé et le public. Je m’occupe de mes patients et de leurs problèmes médicaux. Je ne fais pas de brancardages ou de soins infirmiers. Tout est beaucoup plus fluide, je ne m’occupe que de la partie médicale", avance-t-elle au micro de RMC.

D'autant que le salaire du docteur Coroir a doublé et qu'elle ne travaille plus que 4 jours par semaine au lieu de 5. Un itinéraire que François Bart, anesthésiste réanimateur à l'hôpital public Lariboisière à Paris, s'apprête aussi à suivre, mais à contrecœur: "Je n’ai vraiment pas le projet de partir. J’aurais aimé continuer à travailler dans l’équipe mais il n’y a pas de considération pour ceux qui restent et ceux qui s'investissent à part des problèmes à gérer supplémentaires", regrette-t-il.

Aujourd'hui à l'hôpital public, 25% des postes sont vacants. Un chiffre en hausse depuis dix ans. Conséquence, "des centaines de lits d'hospitalisation" et "des dizaines de salles d'opération" sont fermés et chaque semaine, des unités de soin disparaissent faute de moyens, alertent les auteurs de la tribune.

Benoît Ballet (avec Guillaume Dussourt)