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Trois Ehpad des Hauts-de-Seine visés par une enquête après des plaintes des familles de victimes du covid-19

Les plaignants accusent les établissements de ne pas avoir pris la mesure de l'état de santé des patients décédés.

Trois Ehpad des Hauts-de-Seine sont visés par une enquête après des décès de résidents dus au coronavirus. Le Parquet de Nanterre annonce l'ouverture de plusieurs enquêtes préliminaires après des plaintes pour homicide involontaire. Elles concernent des résidents (un homme de 80 ans et 3 femmes âgées de 89 à 96 ans) décédés entre le 25 mars et le 12 avril des suites du Coronavirus.

Les plaignants assurent qu’ils avaient alerté de nombreuses fois les établissements de "l'absence d'utilisation de matériels de protection, tels que des gants et des masques, et le défaut de respect des gestes barrières”. Début mai, certaines familles se sont réunies dans une association baptisée "Collectif 9471".

Dès le début de la crise, Olivia Mokiejewski la présidente du collectif ne pouvait plus aller voir sa grand-mère au sein de l’Ehpad. L’établissement en qui elle avait confiance lui propose alors de lui parler via Skype : "Sur l’un des premiers échanges, je lui disais ‘tu es là-bas tu es en sécurité, mais elle était déjà contaminée".

Et au fil des échanges, Olivia trouve sa grand-mère diminuée. Elle alerte l’établissement qui reste sourd à ses appels.

"Pourquoi toutes les familles qui portent plainte racontent la même histoire ?"

"Je vois les symptômes, elle tousse, elle a mal à la tête, alors que de leur côté, ils sont toute la journée avec elle et ils ne nous disent rien. Quand on voit quelque chose, on appelle un médecin on prévient les familles. Pourquoi on ne nous l’a pas dit? Pourquoi toutes les familles qui portent plainte racontent-elles la même histoire? Pourquoi on a tous le sentiment qu’il y a eu un énorme problème dans la gestion de cette crise?", interroge Olivia.

Ce problème, Romain Gizolme de l’Association des directeurs au services des personnes âgées ne le nie pas, mais c’est avant tout du a un manque d’effectif:

"On peut comprendre que les familles cherchent à avoir des réponses. Pour autant avec des professionnels qui fonctionnent en sous-effectif en temps de crise, il peut y avoir des loupés d’informations et de communication".

Pour l’avocat de Korian, l’un des plus gros gestionnaire d’Ehpad en France, les personnels se sont battus nuit et jour pour protéger les résidents tout au long de l’épidémie de covid-19.

Maxime Brandstaetter (avec Guillaume Dussourt)