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Une infirmière interpellée lors d'une manifestation de soignants en juin devant le tribunal de Paris

Farida, l’infirmière mise en cause, va devoir s’expliquer sur ses gestes.

Son arrestation musclée avait suscité la polémique. Le procès de l'infirmière arrêtée en juin 2020 lors d’une manifestation de soignants à Paris s'ouvre ce lundi. Les vidéos de son interpellation avaient fait réagir, on la voyait à genoux au milieu d’un groupe de policiers, implorant pour sa ventoline.

Beaucoup s'étaient offusqués de ces images d’une infirmière menottée, alors que les soignants quelques semaines avant été encore applaudis par les Français pour leur effort contre le Covid.

Mais d’autres vidéos montraient cette même infirmière en train de jeter des pavés et faire des doigts d’honneur aux policiers. Farida ne reconnaît pourtant pas s’être rebellée lors de son interpellation, ni n’avoir insulté les policiers. Ce qu’elle reconnaît, ce sont les doigts d’honneur et s'être emparée d'un morceau de bitume pour le jeter dans leur direction. “Un geste symbolique”, déclare-t-elle lors de son interpellation, dont le but n’était pas de blesser les policiers selon elle.

Une interpellation musclée

Ce lundi, le tribunal va essayer de comprendre comment une infirmière de 51 ans en vient à jeter des pierres contre les forces de l’ordre? “Je pense que c’est ça la véritable question”, avance maître Arié Alimi, son avocat.

Le Covid, la crise de l'hôpital, le manque de lits… “Ce sont tous les soignants, médecins, infirmiers qui auraient pu être concernés par ce type de réaction”, continue-t-il.

“Elle est infirmière donc elle est totalement dévouée. Elle a vu beaucoup de gens mourir, beaucoup de gens contaminés dont des soignants, des amis à elle. Elle a traversé une période extrêmement difficile. Et puis avant même le covid, il y avait beaucoup de douleurs et de souffrance dans l’hôpital. Et donc c’est une accumulation de choses qui fait qu’à un moment, quand la seule réponse apportée par l’Etat, c’est du gaz, de la violence et des fonctionnaires de police dans une manifestation autorisée, on peut arriver à commettre une infraction et à se mettre à jeter du bitume en l’air”, indique-t-il

Un avocat qui ne manquera pas aussi de revenir sur l’interpellation de Farida, une action “d’une violence disproportionnée" selon lui.

Maxime Brandstaetter avec Guillaume Descours