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Variant Delta: quel bilan au Royaume-Uni?

Le Royaume-Uni a connu une explosion des cas dus au variant Delta, mais quelques semaines avant nous. Et depuis quelques jours, la situation semble se stabiliser.

Nos voisins britanniques affrontent depuis le début du mois de juin une nouvelle vague épidémique très violente. Elle est causée par ce fameux variant Delta, le variant indien. Il est considéré comme 60% plus contagieux que le variant anglais, qui était lui-même bien plus contagieux que les précédentes souches.

Résultat, en seulement quelques semaines, le variant Delta est devenu majoritaire dans le pays. Il représente aujourd’hui 99% des cas de Covid. Et il a fait exploser tout simplement les contaminations. Début mai, on enregistrait 2000 nouveaux cas de Covid quotidiens il y a dix jours la barre des 50.000 a été franchie.

Ces nouvelles contaminations ont-elles fait exploser le nombre de patients dans les hôpitaux ?

Pour le moment, pas vraiment. Au Royaume-Uni, il y a actuellement 5000 malades hospitalisés, et près de 700 en soins intensifs. Ça n'a donc rien à voir avec la situation de cet hiver. Puisqu’au plus fort de la deuxième vague, les hôpitaux accueillent près de 40.000 malades et 4000 en réanimation.

Mais la dynamique est tout de même à la hausse. En une semaine, le nombre de patients hospitalisés a augmenté de 30 %. Il y a donc moins de patients qu’au plus fort de la 2e vague, mais il y en a chaque jour un peu plus.

Cette nouvelle vague fait-elle autant de morts que les précédentes au Royaume-Uni ?

Là encore ça n'a rien à voir avec les centaines de décès que le Royaume-Uni a pu déplorer pendant les précédentes vagues. Les chiffres oscillent plutôt entre 25 et 60 décès quotidiens. Mais la dynamique est elle aussi à la hausse.

En fait, ce qui a changé en six mois, eh bien, c’est la vaccination. Au Royaume-Uni, près de 90 % des adultes ont déjà reçu au moins une dose, près de 70% sont totalement vaccinés. Et donc mieux protégés.

Autre explication, les cas positifs sont en grande majorité des personnes jeunes. Ils ont donc moins de chance de développer une forme grave. Et ne font donc pas augmenter les chiffres à l’hôpital.

Et à l’hôpital, justement, qui sont les personnes hospitalisées ?

La semaine dernière, le conseiller scientifique en chef de la Grande-Bretagne a donné quelques détails sur leur profil lors d’une conférence de presse. Il a d’ailleurs fait une grosse erreur puisqu’il a dit que 60% des patients Covid à l’hôpital étaient vaccinés. Vous l’imaginez ça entraîné beaucoup de réactions. Mais en fait la proportion est inverse. Sur Twitter, il a très vite publié des excuses et a corrigé ses propos : 60 % des personnes hospitalisées ne sont en fait pas vaccinées.

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La vaccination fonctionne donc, mais le gouvernement reste prudent et surveille ces 40% de personnes pleinement vaccinées qui ont terminé à l’hôpital. Il estime d’ailleurs qu’on pourrait atteindre dans les prochaines semaines 1000 nouvelles hospitalisations et entre 100 et 200 décès par jour.

Le pic de la troisième vague est il atteint au Royaume-Uni ?

Il est encore trop tôt pour le dire. C’est vrai qu’après deux mois de hausse, le nombre de nouveaux cas est en baisse depuis cinq jours. Mais ça ne veut pas forcément dire que le virus perd du terrain. La semaine dernière, les tests ont été un peu moins nombreux.

Et l’autre inconnue, et elle est de taille, c’est l’impact du Freedom Day. Avec la levée de toutes les restrictions, plus de masques en intérieur, plus de distanciation sociale, retour au travail, et j’en passe… Les contaminations pourraient repartir à la hausse. Il faut attendre encore quelques semaines pour le savoir.

Margaux Bourdin avec Guillaume Descours