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Selon des prostituées, la pénalisation du client les prive de leurs libertés

Elles estiment également que leur sécurité s'est dégradée. Elles doivent notamment garantir aux clients qu'ils ne se fassent pas attraper, au risque de s'isoler.

Va-t-on vers la fin de la pénalisation du client dans le milieu de la prostitution. Le Conseil d’État examine une question prioritaire de constitutionnalité. Celle-ci a été déposée le 5 septembre par neuf associations ainsi que neuf prostituées. Elles s’opposent à la loi du 13 avril 2016 qui a notamment introduit la pénalisation des clients.

Les travailleuses du sexe jugent cette loi "préjudiciable", avait révélé en avril une enquête menée auprès de 600 prostituées par des associations et des ONG, dont Médecins du Monde, le Planning familial et le Strass (Syndicat du travail sexuel).

Prise de risque

Anaïs est une des cinq travailleuses du sexe à avoir déposé cette QPC. "Je me suis retrouvé contrainte d’accepter des gens ou d’accepter des pratiques que j’aurais pu me permettre de refuser avant", indique-t-elle pour expliquer qu’elle reçoit moins d’appels. De plus, avec cette loi, elle se sent moins en sécurité.

"C’est plus de prise de risque. On est obligé de se cacher pour assurer aux clients qu’ils ne se feront pas prendre. D’éventuels braqueurs, sachant qu’on est isolé, se font passer pour des clients juste pour nous braquer", affirme-t-elle. 

La loi du 13 avril 2016 prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 1500 euros et 3750 euros en cas de récidive. 

Bourdin Direct (Avec G.D)