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Suppression de la taxe d'habitation: "Une mesure de justice pour tous"

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Les députés ont voté hier la suppression progressive de la taxe d'habitation pour 80% des ménages. Si la majorité salue une mesure destinée à améliorer le pouvoir d'achat des français, l'opposition dénonce une décision qui risque d'aggraver les inégalités territoriales.

Après la transformation de l'ISF et l'instauration d'une "flat tax", c'est une mesure phare et une promesse d'Emmanuel Macron, qui a été adoptée par l'Assemblée nationale. Les députés ont voté hier la suppression progressive de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, l'une des mesures phare du budget 2018. Cette mesure sera effective en plusieurs temps: une première baisse de 30% interviendra en 2018 puis 65% en 2019 et 100% en 2020. Cela représentera un coût de 3 milliards d'euros l'année prochaine, 6,6 milliards en 2019 et 10,1 milliards en 2020.

"Nous avons des mesures de pouvoir d'achat"

"Les communes qui percevaient la taxe d'habitation, ne vont pas perdre. L'Etat va leur compenser la suppression de cette taxe. Dans l'ensemble des mécanismes, nous avons des mesures de pouvoir d'achat. La baisse des cotisations salariales qui sont financées par la CSG, la suppression de la taxe d'habitation et tout ça est fait par une gestion économe des deniers publics", se félicite Richard Ferrand, président du groupe La République en Marche à l'Assemblée nationale.

Si la mesure a été adoptée par les députés LaREM et Modem, les Insoumis, et Républicains ont voté contre, tandis que les députés Nouvelle Gauche se sont abstenus.

Une réforme nécessaire

"On est devant une mesure qui va aggraver les inégalités territoriales. Par ailleurs, le manque à gagner peut être compensé dans un premier temps par l'état, mais on sait que dans les années suivantes en général ça ne marche pas. On va d'une certaine manière appauvrir les communes. Je pense que c'est vraiment une fausse bonne idée", s'indigne Clémentine Autain, député La France insoumise.

Cette réforme coûte cher mais est nécessaire pour le gouvernement afin de justifier un budget équilibré. En effet, les critiques continuent de fuser, après la réforme de l'ISF notamment. Le gouvernement et à travers lui, le chef de l'Etat peine à se départir de l'étiquette de "président des riches" qui lui est collée par l'opposition. 

Elisa Bertholomey (avec G.D.)