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Accident du TGV Strasbourg - Paris: faut-il revoir la sécurité des voies ferrées françaises?

La SNCF n'est pas en mesure d'indiquer immédiatement s'il y avait d'autres blessés.

"On est passés à côté d'une catastrophe": un TGV Colmar-Paris a déraillé jeudi matin à une trentaine de kilomètres au nord de Strasbourg, faisant un blessé grave, le conducteur, et touchant plus "légèrement" une vingtaine d'autres personnes.

Le conducteur, victime d'un "enfoncement du thorax", a été hospitalisé en "urgence absolue", a indiqué le directeur de cabinet de la préfète du Bas-Rhin, Dominique Schuffenecker, venue avec elle sur les lieux de l'accident. Celui-ci, survenu à Ingenheim, non loin de Saverne, est sans doute dû à un spectaculaire glissement de terrain.

Le conducteur a été évacué par hélicoptère mais son pronostic vital n'est pas engagé, selon la SNCF. Le chef de bord souffre quant à lui d'un traumatisme dorsal, a-t-elle ajouté.

Au lendemain de cet accident, de nombreuses questions se posent désormais. L’heure est à la recherche des premières explications. Trois enquêtes sont ainsi ouvertes: l'une par la justice, l'autre par la SNCF, et enfin par le bureau Enquête et Analyse du ministère de la justice. 

Le principal intérêt reste de déterminer comment des tonnes de terre ont pu tombées sur la voie d'un TGV lancé à 270 km/h. Selon les premiers éléments, un talus en bord de ligne "fissuré par le haut":

"Toute la masse de terre, du haut du talus vers le bas, a glissé sur une distance d'une dizaine de mètres mais suffisamment longue pour arriver sur la voie" a détaillé Jean-Pierre Farandou, le directeur général de la SNCF. "C'est l'avant-gauche du train a tapé dans le talus. L'avant-droit n'a pas touché. Malheureusement, ça a suffisamment glissé pour venir constituer un obstacle". 

Une erreur de calcul?

Pourtant, cinq autres TGV étaient passés plus tôt et n'avaient constaté aucun d'affaissement. Pour Marie-Hélène Poingt, rédactrice en chef de Ville, Rail & Transports, cela peut s'expliquer par d'importantes pluies:

"Il peut y avoir une faiblesse du terrain lui-même. Une deuxième hypothèse peut être une erreur de calcul avant le lancement du chantier de la ligne grande vitesse. On regarde à ce moment-là les matériaux qui se trouvent dans les différentes couches souterraines. Enfin, troisième hypothèse, il peut y avoir aussi une mauvaise exécution des travaux lors du chantier".

Les conclusions de l'enquête devront dire s'il est nécessaire de faire évoluer ou non les normes de sécurité sur les plus de 30.000 km de voies ferrées du pays.

Cyprien Pézeril avec Xavier Allain