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Automobile: les constructeurs vont-ils nous contraindre à payer le chauffage par abonnement?

Anthony Morel passe en revue les voitures de demain dont le Mondial de l'auto de Paris fait étal. Des clins d'oeil rétro, des voitures téléguidées, mais aussi des évolutions inquiétantes sont au programme.

Et si la clim ou le chauffage des voitures devenaient bientôt payants… par abonnement? En ces temps difficiles, il n’y a pas de petites économies pour les constructeurs automobiles, même si elles se font sur le dos des consommateurs. En fait, on peut tout à fait bloquer ou débloquer certaines options par logiciel interposé. C’est ce que BMW a commencé à faire dans certains pays. Pour l’instant, ce sont les sièges chauffants qui sont en option.

La technologie est dans la voiture, mais si on veut pouvoir en profiter, il faut payer 18 euros par mois. Et il y a plein d’autres applications qui peuvent être concernées par ce type d'abonnement, comme le système d’aide à la conduite par exemple, qui gère automatiquement la distance de sécurité: 42 euros par mois pour pouvoir en profiter. Tous les constructeurs regardent le sujet, et on pourrait payer par abonnement le wifi dans la voiture, ou même une plus grande autonomie et puissance pour les voitures électriques, qu’on peut brider ou débrider par logiciel. C’est juste quelques lignes de code à ajuster !

Les voitures sont des smartphones sur roues, la partie logicielle et connectée est de plus en plus importante. Et ça commence à se refléter dans le modèle économique. C’est exactement celui de certaines applications, jeux vidéo notamment, où on va payer pour déverrouiller certains avantages. Et puis on est de plus en plus habitué à tout payer par abonnement (Netflix etc…).

On espère que ça ne s’étendra pas jusqu’aux freins, les mettre en option serait quand même un peu dommage… Des hackers ont déjà prévenu qu’ils donneraient des accès gratuits en cas de dérives.

Design: retour vers le futur

Les voitures du futur s’inspirent pas mal... du passé. Parmi les stars du salon de l'automobile qui a ouvert ses portes lundi à Paris, la 4L et la R5. Une des grandes tendances est en effet de faire renaître des grands classiques de l’automobile avec des innovations. En l’occurrence, en mode électrique.

On dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Ce n’est pas toujours le cas. La 4L "4Ever", il faut vraiment qu’on nous dise que c’est basé sur une 4L parce que ça ne saute pas aux yeux. Ils en ont fait un SUV électrique qui ne reprend pas grand-chose de l’originale, avec son design très caractéristique qu’on voyait sur les routes françaises dans les années 60-70-80-90.

On surfe sur le côté rétro de la marque mais le résultat est quand même assez décevant. Plus proche de l’originale, on a la R5 et la R5 turbo, qui pour le coup retrouvent les lignes très compactes de ces modèles mythiques, et qui vont tenter de démocratiser la voiture électrique. Elle est attendue autour de 20.000 euros, ce qui, pour de l’électrique, reste raisonnable.

Des voitures qui vont devenir plus intelligentes: à partir de 2024, elles embarqueront un assistant vocal, pour faciliter le trajet du conducteur qui pourra par exemple vous dire qu’il est temps d’aller recharger et à quel endroit.

Les voitures de demain seront peut-être... télécommandées

On ne parle pas des jouets pour enfant, mais de vraies voitures, et plus précisément de voitures en autopartage ou pour la location. En ce jour de grève des transports, ça va en faire rêver plus d’un.

Plutôt que de se déplacer chez le loueur ou vers une station, imaginez: vous ouvrez une application, et la voiture arrive toute seule sur le pas de votre porte, à la sortie de la gare ou à n’importe quelle adresse en fait. Personne derrière le volant. Ce n’est pas une voiture autonome, il y a quand même un pilote, mais il n’est pas dans la voiture, il peut être à l’autre bout de la France ou à l’autre bout du monde.

Il voit par les yeux de la voiture, qui sont des caméras embarquées, et il conduit à distance, via un réseau 4G, sur écran, avec un volant, des pédales, exactement comme dans un jeu vidéo de Formule 1, et s’arrête devant chez vous. Et vous n’avez plus qu’à prendre le volant.

C’est une entreprise estonienne, Elmo, qui a mis ça au point. Ils ont obtenu une autorisation là-bas. Enjeux aussi autour de la cybersécurité évidemment: que se passe-t-il si un hacker prend à distance le contrôle de la voiture? On parle souvent de voitures autonomes, mais elles mettent un peu de temps à arriver. Peut-être que l’étape d’avant, c’est celle-ci.

Anthony Morel (édité par J.A.)