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"C’est peut-être le site le plus stratégique": d'anciens salariés d'une fonderie du Haut-Jura bloquent une usine... à 600 km de chez eux

Près de 10 jours après la liquidation de la fonderie du Haut-Jura où travaillent plus de 270 personnes, les "MBF Aluminium" sont toujours en lutte. Ils ont décidé ce bloquer un site de Renault, à 600 kilomètres de chez eux.

Allongé tant bien que mal sur le siège conducteur, Nusrat, technicien, vient de passer sa troisième nuit dans sa voiture qu’il a garé à l’entrée de l’usine Renault : "Ce n’est pas confortable, c’est pas l’hôtel. C’est compliqué parce que j’ai une fille à la maison qui va bientôt avoir deux ans et ma femme qui est enceinte, mais on est déterminés on va aller jusqu’au bout, on ne lâchera rien".

Comme lui, ils sont une petite trentaine, anciens salariés de la fonderie du Haut-Jura MBF Aluminium à bloquer une usine non pas dans leur département, mais à plus de 600 kilomètres de là, dans l'Eure. Cette usine, c'est un site stratégique de la marque au Losange, l’usine Renault Sofrastock International à Saint-André.

"On est en train de faire des choses qu’on n'aurait jamais pu imaginer"

Une dizaine de tentes sont installées à côté du parking. C’est ici que dort le reste des salariés de MBF Aluminium venus du Jura pour faire pression sur Renault pour que le groupe continue à leur acheter des pièces : 

"On est en train de faire des choses qu’on n'aurait jamais pu imaginer. Ce n’est pas parce qu’on avait envie de faire autant de kilomètres, on pouvait très bien rester à la maison mais au moins on pourra se regarder dans un miroir on aura pas baissé les bras", assure Enes Ibis technicien de production.

Depuis lundi, la trentaine de salariés tentent d’empêcher toutes les entrées et les sorties de matériel. Nail Talcin, délégué syndical CGT de l’entreprise MBF aluminium rappelle que s’ils ont choisi cette usine, ce n’est pas par hasard : "C’est peut-être le site le plus stratégique de Renault. Il aurait été à 1000 kilomètres on y serait allés quand même. On touche le point sensible de Renault", assure-t-il. Les salariés sont censés rencontrer ce mercredi matin un des responsables de Renault 

Florian Chevallay (avec Guillaume Dussourt)