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Carburant: l'acheminement des produits frais menacé, "la situation commence à se tendre"

Il est toujours aussi difficile de trouver du carburant en France. Certaines sociétés de transports de produits frais sont sur la réserve et pourraient ne plus pouvoir rouler dans les prochains jours. Valérie Lasserre, déléguée générale de l'association La chaîne logistique du froid, alerte sur la situation dans "Charles Matin" ce mercredi sur RMC, mais ne veut pas faire paniquer.

Les grèves dans les raffineries continuent ce mercredi et les réserves sont à sec dans de nombreuses stations-service. Les usagers font la queue pendant des heures, parfois sans résultat. Certaines professions dépendent directement de ce carburant, comme les transporteurs de produits frais.

"Ce matin (mercredi), nos adhérents peuvent encore un peu circuler, mais la situation commence à se tendre sur le terrain", affirme Valérie Lasserre, déléguée générale de l'association La chaîne logistique du froid, qui représente les spécialistes du transport, du stockage et de la logistique des produits frais et surgelés, dans "Charles Matin" sur RMC.

Les flux de livraison désorganisés

Il y a, d'un côté, les entreprises qui ont des cuves directement sur leur site et qui ont encore un peu de stocks, et il y a les autres. Ces dernières "reposent sur le réseau de stations-service, grands publics ou spécialisées, alors elles sont dans la même situation que tout le monde et doivent faire la queue". Pour ces sociétés, la situation a plusieurs conséquences.

"Cela désorganise complètement les flux de livraison et d’enlèvement. Il arrive même que nos camions ne soient pas approvisionnés parce que les stations-service elles-mêmes sont à sec. Nous commençons à être un peu inquiets", explique la déléguée générale.

Si elle ne souhaite surtout pas faire peur, elle espère que la situation va s'améliorer. "J’ai des entreprises qui me disaient hier (mardi) qu’elles avaient encore deux jours d’autonomie, c’est-à-dire demain. Ce n’est pas une panique nationale, ce n’est pas une rupture partout mais ça va venir progressivement si rien n’est fait", ajoute-t-elle.

Tout le circuit est concerné

La situation de ces transports est particulière car ils nécessitent deux types de carburant. "On a le diesel, que tout le monde connaît, mais on a aussi un carburant spécialisé qu’on met dans nos groupes frigorifiques pour produire le froid. Si on peut rouler mais qu’on ne peut pas produire de froid, on n’est pas beaucoup plus avancés."

Elle conclut: "Je veux mettre la lumière sur un métier qui n’est pas connu, parce que finalement ça fonctionne tellement bien qu’on ne se demande pas comment les supermarchés sont approvisionnés. Pour autant, là, on parle des supermarchés, mais aussi des produits frais dans les restaurants, les cantines, les Ehpad, etc. C’est tout le circuit qui est concerné."

AB