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Circulation différenciée: une mesure inefficace contre la pollution ?

Le président du comité francilien contre les maladies respiratoires, juge inefficace la mise en place de la circulation différenciée ainsi que les vignettes Crit'Air.

Avec la vague de chaleur qui a touché la France cette semaine, plusieurs grandes villes françaises ont atteint les seuils d'alerte de pollution à l'ozone et aux particules fines. Pour tenter d'inverser la tendance, de nombreuses municipalités ont décidé de mettre en place la circulation différenciée interdisant aux véhicules de certaines classes Crit'Air de rouler.

Suffisant pour faire baisser le taux de pollution à l'ozone et éviter une dégradation de la santé des citadins ? Pas si sûr: "L’ozone est un polluant secondaire, c’est-à-dire qu’il provient du dioxyde d’azote essentiellement émis par les diesels modernes, plus même que les anciens", explique sur RMC Gilles Dixault, pneumologue et président du comité francilien contre les maladies respiratoires.

"La vignette Crit'air est inadaptée"

Les diesels anciens, qui ne pourront plus rouler dans Paris à partir de lundi, pollueraient donc moins que les plus modernes: "Ces mesures sont presque inefficaces", juge le pneumologue qui estime que la vignette Crit'Air ne reflète pas non plus les émissions polluantes des véhicules.

"La vignette Crit'air est inadaptée car fondée sur une pollution sans rapport avec la pollution des véhicules récents et mesurée dans des conditions tout à fait optimisées. Ce que l’on dit c’est que les véhicules Diesel ne devraient tout simplement jamais circuler en ville car les systèmes de dépollution son inefficaces", fait valoir le pneumologue.

Quels risques pour la santé ?

Si les mesures prises par les autorités s'avèrent inefficaces, rien ne peut être fait contre la pollution à l'ozone. Car contrairement à la pollution aux particules fines et au dioxyde d’azote, dont on peut se protéger en se mettant à distance du trafic, rien ne permet de se protéger de l'ozone que l’on retrouve à de grande échelles sur des surfaces régionales avec des conséquences sur la santé.

"Avec la vague de chaleur on a une concordance de facteur. L’ozone est un irritant des voies aériennes donc c’est un facteur favorisant de crises d’asthme notamment qui peut aussi provoquer une aggravation de l’état des porteurs de maladies respiratoires chroniques", explique Gilles Dixault
Jean-Luc Moreau (avec Guillaume Dussourt)