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"Des collègues hésitent à descendre dans la rue": les syndicats craignent les débordements en marge de la mobilisation

Toute la France se prépare et s’organise à la grève massive de ce jeudi 5 décembre. Les services d’ordre syndicaux ont été renforcés mais les autorités redoutent des débordements et l’arrivée de casseurs.

Les syndicats sont inquiets à la veille de la manifestation parisienne de protestation contre la réforme des retraites. Ils craignent que les "gilets jaunes" et les Black blocs viennent perturber le cortège et ils ont renforcé leurs services d'ordre.

La manifestation parisienne va partir à 14 heures de la gare du Nord, direction Nation, à l'appel de la CGT, FO, FSU, Solidaires, FSU et d'organisations d'étudiants comme l’Unef et de jeunesse (UNL, FIDL, MNL).

La préfecture de Police de Paris a d'ailleurs décidé ce mardi la fermeture de tous les commerces présents sur ce parcours, arguant d'un contexte social "des plus tendus" qui pourrait générer "violences et dégradations".

"C’est par principe de précaution qu’on a décidé de manifester sur une place à part"

Certains grévistes hésitent à défiler par crainte des débordements, selon les syndicats, qui disposent pourtant tous de services d'ordre, mais qui seront impuissants s'il y a de la casse.

Un syndicat fera bande à part demain à Paris, loin du cortège principal, c'est l'UNSA et selon Didier Mathis, l'un de ses responsables, c'est justement pour des raisons de sécurité

"Aujourd’hui les Français sont plutôt sur des positions très revendicatives et sont plutôt agressifs. Pour certains, comme les gilets jaunes, ça fait un an qu’ils défilent dans la rue et qu’ils n’obtiennent rien. C’est par principe de précaution qu’on a décidé de manifester sur une place à part".

"Le cortège a été clairement chargé par la police"

Depuis quelques années, le climat s'est tendu lors des manifestations et le coordinateur du service d'ordre du syndicat Solidaires, Frédéric Bodin, redoute désormais moins les violences des Black blocs et des "gilets jaunes" que la riposte des forces de l'ordre

"Le 1er-Mai qui est une manifestation syndicale par excellence, le cortège Solidaires comme d’autres organisations syndicales, a été clairement chargé par la police, les collègues qui étaient là hésitent à redescendre dans la rue".

Une centaine de militants sécuriseront le cortège parisien de Solidaires demain, deux fois plus que le 1er-Mai dernier.

Victor Joanin (avec C.P.)