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Ecotaxe sur les billets d'avion: voyageurs, professionnels et écologistes pas tout à fait convaincus

Des voyageurs dans une file d'attente d'un aéroport parisien

Des voyageurs dans une file d'attente d'un aéroport parisien - Capture d'écran RMC Découverte

Si certains voyageurs se montrent enthousiastes, ils souhaitent que l'argent récolté soit bel et bien utilisé pour l'écologie. D'autres craignent que les prix des billets augmentent.

De 1,50 euros à 18 euros au maximum par billet d'avion au départ de la France à partir de 2020 et pour toutes les compagnies aériennes. À l'issue du second conseil de défense écologique mardi, le gouvernement a annoncé la mise en place d'une taxe sur tous les billets d'avion au départ de la France. 

Chez les usagers, les réactions sont partagées. Valises à la main sur le parking de l'aéroport, Medhi, qui s'apprête à partir en vacances, n'est pas contre la mise en place de cette écotaxe même s'il craint qu'elle ne soit pas correctement utilisée: "Je trouve ça bien mais je voudrais que l'argent soit bien distribué et serve vraiment à l'écologie et la protection de la planète", estime-t-il.

"Tout le monde a le droit de voyager"

Les compagnies assurent qu'elles seront obligées de prendre en charge le montant de la taxe. Pourtant Marie redoute qu'à terme les prix des billets augmentent et ne comprend pas qu'on s'en prenne au transport aérien: "C'est injuste parce que tout le monde a le droit de voyager et cela ne va pas réduire la pollution".

"Les prix devraient être beaucoup plus dissuasifs sur des distances où il existe une alternative ferroviaire. On est satisfaits mais c'est insuffisant à notre avis", fait valoir Mathias Chaplain coordinateur des campagnes d'Agir pour l'environnement.

Planter des arbres pour absorber le CO2 émis par l'aviation

"Pour réduire l'impact du transport aérien, il faut plutôt absorber le carbone que l'on émet en plantant des arbres", explique Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du monde qui se revendique écologiste et estime qu’il faudrait 5 milliards de nouveaux arbres par an pour engloutir tout le CO2.

"Pour que cette taxe fonctionne, il faudrait une décision à l’échelle européenne. Pour faire baisser le trafic, il faudrait que le montant de la taxe soit plus élevé", plaide-t-il.

180 millions d'euros pour l'Etat ?

Seuls les vols vers la Corse, les Outre-Mer et les vols en correspondance ne seront pas taxés. Cette taxe devrait rapporter 180 millions d'euros à partir de 2020. Cet argent doit être consacré à des investissements pour des infrastructures de transport, notamment dans le domaine du ferroviaire.

Nicolas Ropert (avec Guillaume Dussourt)