RMC

Entre le vélo électrique et le scooter, les "speed bikes" vont-ils séduire?

C'EST DEJA DEMAIN - Enorme engouement en ce moment autour du vélo électrique. Alors que beaucoup de Français évitent les transports en commun, les ventes explosent. Et en la matière il y a énormément d’innovation.

Le modèle que je vous présente a plusieurs particularités. Il a un look très rétro. Mais il ne faut pas s’y fier, il est bourré de technologie. Il est conçu par une marque française qui s’appelle Coleen –tout est fabriqué à Biarritz. D’abord des vélos électriques qui deviennent de plus en plus électroniques... et connectés.

Un peu comme les voitures, qui sont devenues des iPhone sur roues, les vélos prennent un peu la même trajectoire. Relié au smartphone, vous pouvez le verrouiller et le déverrouiller via une appli. Sa deuxième particularité, et c’est pour ça que je vous l’ai apporté, c’est qu’il va très vite, ce n’est plus tout à fait un vélo électrique, c’est ce qu’on appelle un speedbike ou un speedélec, une tendance qui commence à arriver doucement en France.

Des vélos électriques qui peuvent rouler jusqu’à 45 km/h. On est plus proche du scooter que du vélo –et ça peut remplacer un scooter- mais on peut quand même pédaler.

C’est légal… A quelques détails près. Vous savez qu’en France, la réglementation bride l’assistance électrique à 25km/h -même si on peut aller plus vite en pédalant. Ces speed bikes sont homologués mais ils sont soumis à une réglementation plus stricte, la même que les cyclomoteurs type scooter ou moto 50 cm3 : plaque d’immatriculation obligatoire, permis de conduire cyclo, une assurance, un casque homologué, des gants spéciaux.

Et interdiction évidemment de rouler sur les pistes cyclables, même si certains utilisateurs ne s’en privent pas. Mais à condition de respecter ces règles, c’est tout à fait autorisé. A condition d’avoir le budget: comptez 8.000 euros pour ce modèle. Entre 3 et 10.000 euros selon les modèles.

Quid de la dangerosité?

Le problème c’est qu’ils ressemblent comme deux gouttes d’eau à un vélo. Même les forces de l’ordre ont du mal à faire la différence. Or toutes ces règles dont je viens de parler, il est assez tentant de s’en affranchir. Et de se comporter comme un cycliste.

Par exemple pour passer les feux rouges, ce que les cyclistes ont le droit de faire sous certaines conditions. Mais pas sur un speed bike. Quand vous vous faites doubler à 45km/h par un vélo, la première fois ça fait tout drôle. Et je ne vous parle même pas de certains modèles, pour le coup illégaux, qui peuvent même monter à 80km/h.

En France il s’en vend très peu pour l’instant, beaucoup plus chez nos voisins suisses et belges. Mais avec la défiance de plus en plus grande envers les transports en commun et l’engouement pour les deux roues de toutes formes depuis le début de la crise je ne serais pas du tout étonné qu’on voie de plus en plus sur les routes ces deux roues hybrides, moins encombrants et plus maniables que les scooters. Et qui sont principalement utilisés pour les trajets domicile/travail, pour remplacer la voiture sur des distances relativement longues (autonomie 70 km).

Sinon on peut aussi opter pour un vélo électrique... gonflable

C’est une invention de l’université de Tokyo. Un peu comme un matelas gonflable, dégonflé il tient dans un sac à dos. On l’attache à une paire de roues, et quand on le gonfle, il va prendre –vaguement- la forme d’un vélo équipé d’un moteur électrique.

L’avantage c’est que c’est très léger, 6 kilos en tout pour le prototype (un vélo comme celui que je vous ai apporté c’est 19 kilos), donc on utilise moins la batterie et l’autonomie est plus longue. Le problème c’est que ce ne sont plus seulement les pneus qui risquent de crever, c’est le vélo entier.

Anthony Morel (avec J.A)