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"Être obligé de prendre sa voiture", ça veut dire quoi ?

"LECHYPRE D'AFFAIRE" - Tous les jours à 7h20, on parle éco et conso avec Emmanuel Lechypre, dans "Apolline Matin", sur RMC.

Parmi les pistes du gouvernement pour atténuer la flambée des prix des carburants, un chèque pour les plus modestes obligés d’utiliser leur voiture. Mais c’est quoi, être obligé de prendre sa voiture ?

87% des Français utilisent leur voiture pour au moins un de leurs déplacements du quotidien: aller au travail, faire les courses, pratiquer leurs loisirs, ou aller chez le médecin, selon une étude Ipsos Transdev régions de France.

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Le plus important, c’est le travail. 61% des Français y vont en voiture. Et parmi 2 sur 3 disent qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Les courses ? 83% les font en voiture, et 3 sur 4 disent que la voiture est indispensable.

Si on regarde le noyau dur du noyau dur, à savoir les gens qui ont besoin de la voiture pour toutes ces activités, ça représente 3 familles sur 10.

Et là, on ne tient pas compte des revenus, de la catégorie sociale et là-dessus les plus modestes, c’est au moins 2 à 3 millions de foyers.

Est-ce que les Français pourraient faire des efforts ?

42% des personnes dont le lieu de travail est situé à moins de 1 km de leur domicile s’y rendent en voiture, nous dit l’Insee. Mais parce qu’ils font plein d’autres choses. 

Selon le forum Vies mobiles Obsoco, les Français se déplacent en moyenne 10h22 par semaine pour parcourir 400 km, la moitié de ce temps seulement et 240 km concernent des déplacements indispensables (travail, courses), mais ça veut dire renoncer sport et vie sociale par exemple, une sorte de confinement finalement.

Et les modes de transport alternatifs ?

Pour utiliser leur voiture moins souvent, les personnes interrogées disent qu'il leur faudrait en moyenne un arrêt de bus à 8 minutes de chez eux, un arrêt de tramway à 14 minutes et une gare à 16 minutes de chez eux.

Le vélo se développe, mais surtout en ville. À Paris, il y a plus de déplacements en vélo qu’en voiture désormais, mais à la campagne ça ne prend pas.

Emmanuel Lechypre