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Limitation de la circulation à 30 km/h: quel bilan dans les communes concernées depuis plusieurs mois?

Ce lundi, la limitation de vitesse à Paris passe de 50 à 30 km\/h. Mais la capitale n'est pas une pionnière en la matière. D'autres villes comme Chartres ont décidé de franchir le pas. Pour un bilan mitigé.

Au volant de sa voiture, Adonis traverse la ville de Chartres (Eure-et-Loir) tous les jours ou presque, difficilement: "C'est compliqué de rouler à trente". Depuis le 1er janvier dernier et l'abaissement de la vitesse maximale, il a le sentiment de rouler au ralenti:

"Là on est à 30, on a envie de rouler. On perd du temps le matin, c'est à nous d'anticiper. Et Adonis a même l'impression d'être moins attentif à la sécurité: "On a plus les yeux rivés sur le compteur que sur la route, sauf que c'est plus dangereux de regarder tout le temps à combien on roule que les autres".

D'autres villes ont déjà mis en place cette limitation comme Grenoble en 2016, mais aussi Lille, Pornichet et Nancy. Et depuis ce lundi matin, il faut désormais aussi lever le pied à Paris. La circulation est limitée dans toute la capitale à 30 km/h, au lieu des 50 km/h jusqu'à présent. Quelques axes restent néanmoins à 50 km/h comme les boulevards des Maréchaux qui font le tour de Paris, ou l'avenue des Champs-Elysées par exemple. Objectifs: réduire la pollution atmosphérique, sonore et à améliorer la sécurité routière.

Limitation de la circulation à 30 km/h: quel bilan dans les communes concernées depuis plusieurs mois?
Limitation de la circulation à 30 km/h: quel bilan dans les communes concernées depuis plusieurs mois? © BFMTV

Mais cette limitation de vitesse est si faible, qu'elle en devient difficile à tenir pour Goran chauffeur de taxi à Chartres:

"J'essaye de respecter tant bien que mal mais je sais que je n'y suis pas souvent. Vous prenez une descente, vous commencez à 30, vous arrivez en bas vous êtes à 42, sans toucher à l'accélérateur, faut toujours avoir le pied sur le frein".

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Plus de sécurité pour les vélos et moins de pollution sonore?

Magalie habite dans le centre-ville et se déplace surtout à pieds avec sa fille. Et niveau sécurité, il n'y a pas de révolution: "En tant que piéton, ça ne change pas la donne du tout. Il n'y a pas de différence entre le 50 et le 30 km/h", assure-t-elle.

Mais d'autres voient le changement comme Thierry Maupas, délégué du club cycliste C'Team Chartres, qui se rend tous les jours au travail à vélo: "En vélo je fais du 25 km/h, je vais donc aussi vite que les voitures. On roule à la même vitesse, on se sent plus en sécurité", assure-t-il.

Pourtant ces 30 km/h ne sont pas toujours respectés et la police ne verbalise pas encore. Mais pour Guillaume Bonnet adjoint au maire en charge de la circulation, l'objectif est malgré tout atteint avec une circulation plus apaisée. 

"Les gens se font petit à petit aux 30 km/h. On ne peut pas leur demander du jour au lendemain de passer à 30 km/h. Mais on a pu observer une réduction de la vitesse moyenne de 10 km/h, on a une moyenne de 40 km/h donc, et c'est normal, il faut du temps". Et la circulation désormais plus fluide permet aussi selon cet élu de réduire la pollution sonore.

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Cyprien Pézeril (avec Guillaume Dussourt)