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"On croise les doigts en espérant que ça marche": l'enthousiasme d'ouvriers de Renault devant le projet de fusion avec Fiat

Renault a annoncé lundi qu'il allait étudier "avec intérêt" l'ambitieux projet de fusion que lui a présenté Fiat Chrysler Automobiles.

Une fusion entre Renault et Fiat Chrysler Automobiles ? Renault a annoncé lundi qu’il allait étudier "avec intérêt" ce projet. Un mariage, s’il se concrétisait, donnerait naissance au troisième constructeur automobile mondial avec 8,7 millions de véhicules vendus tous les ans à eux deux.

La porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye a déclaré que Paris était "favorable" à cette alliance. Le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, patron de la Ligue, a jugé l'opération "brillante". 

Si l’enthousiasme est donc au rendez-vous du côté des politiques, pour les ouvriers de Renault sur l’usine de Flins, ce rapprochement, ce serait avant tout l'assurance d'avoir du travail.

"Comme ça, Renault ça va être énorme. On croise les doigts en espérant que ça marche". "C’est parfait et au niveau mondial ça renforce la position. Et en termes d’emploi c’est bénéfique. Pour moi, c'est promis à un grand avenir", indiquent Bekkay, et Nicolas, 15 et 14 ans chez Renault. 

Prudence des syndicats

Mais d'autres s'inquiètent quelque peu. Une fusion entraîne souvent des suppressions de postes. Djelloul, 18 ans d'usine. "En général, c’est souvent les intérimaires qui subissent. Quand on sait combien il y en a sur le site Renault-Fleins, où ils sont à peu près 1000 ça peut être dramatique. Franchement si le gouvernement se mêle à ça, ce serait très bien. Quand c’est l’État, il y a toujours une force supplémentaire", explique l’employé.

Que l'Etat conserve une minorité de blocage, c'est la demande de la CGT, qui se prépare à défendre les salariés.

"Il va falloir se préparer à se battre pour défendre l’intérêt des travailleurs et ne surtout pas compter ni sur l’État Macron ou sur qui que ce soit d’autre que nous-même", indique Ali Kaya, secrétaire CGT à l'usine Renault Flins. 

Si le mariage se réalise, l’Etat français aura son mot à dire en tant qu’actionnaire, notamment sur les questions liées à l’emploi.

Rémi Ink avec Guillaume Descours