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"On tapera très fort": les cheminots prêts à se mettre en grève contre la réforme des retraites

Le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, a affirmé redouter une "vive réaction" des cheminots à la réforme des retraites du gouvernement. Une crainte justifiée selon un syndicaliste, qui assure que les cheminots seront bien mobilisés.

La grève à la SNCF, c’était il n’y a pas si longtemps. Le week-end de Noël avait été fortement perturbé par un mouvement social des contrôleurs. Et le spectre de la grève à la SNCF fait déjà son retour. Cette fois, la contestation a un nouveau nom: la réforme des retraites.

Les concertations avec les partenaires sociaux viennent de se terminer à Matignon, avec toujours ce désaccord sur le report de l'âge de départ à 64 ou 65 ans, dont les syndicats ne veulent pas. Ce qui fait craindre le pire à la SNCF. Le patron de la compagnie, Jean-Pierre Farandou, redoute une "vive réaction" des cheminots contre cette réforme.

"Il faudra essayer de traverser le moins mal possible cette période”, dit-il dans ses vœux aux cheminots. Une période qui s’annonce “difficile”, reconnait-il, avec certainement en tête la précédente tentative de réforme des retraites. C'était fin 2019, juste avant le Covid, et ça s’était soldé par un mois et demi de grève et une immense pagaille dans les trains.

Une crainte justifiée

Jean-Pierre Farandou prépare déjà les usagers aux difficultés à venir. "On aura une pensée pour nos clients", rassure-t-il, notamment "ceux qui ont besoin du train pour aller travailler".

Et cette crainte du patron de la SNCF, elle est justifiée selon Fabien Villedieu, délégué syndical Sud-Rail.

"Il a raison d’être inquiet, car il y aura une réaction des cheminots. Ils partiront en grève. Je ne peux pas vous dire si on repartira en grève reconductible tout de suite ou dans un second temps. Mais ce qui est sûr, c’est qu’à un moment, on tapera et on tapera très fort. Et on sera bien content que les cheminots se battent leurs retraites et la retraite d’un petit peu tout le monde”, assure-t-il ce jeudi matin sur RMC.

La grève de 2019, pour défendre le statut de cheminot, avait coûté à l’époque près d'un milliard d'euros à la SNCF.

Romain Houg avec Guillaume Descours