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"Physiquement, c’est très dur": pour Linda, après 29 jours de mobilisation contre la réforme des retraites, la fatigue se fait sentir

Cette conductrice de bus de la RATP, gréviste de la première heure, avoue ressentir de la fatigue après près d'un mois à tenir le piquet de grève.

Malgré "l'apaisement" prôné par Emmanuel Macron lors de son discours de vœux aux Français mardi soir, la grève se poursuit. Ce jeudi marque le 29e jour de perturbations dans les transports. Un record, ce mouvement dépasse celui 1986-1987.

La moitié des TGV et TER circule. En moyenne, un 1 Intercité sur 4 et 3 Transilien sur 10 sont en circulation. Pour ce week-end, la situation devrait s'améliorer avec 2 TGV sur 3. À Paris, la situation s'améliore également, une seule ligne de métro est totalement fermée. Treize lignes sont assurées partiellement et deux fonctionnent normalement. Pour les opposants à la réforme des retraites, pas question de faire une trêve, mais au 29e jour, les organismes commencent à fatiguer. 

Depuis le 5 décembre, Linda, conductrice de bus à la RATP est mobilisée tous les jours sur le terrain de grève. Et au bout de bientôt un mois, la fatigue commence à se faire sentir même s'il n'est pas question d'arrêter le combat. Tenir le piquet de grève, participer aux blocages, aux réunions, Linda, 43 ans fait des journées à rallonge depuis le début de la grève.

"Physiquement, c’est très dur en fait", affirme-t-elle.

Et la liste des sacrifices est grande. "Ma famille, mes enfants, que je ne vois quasiment pas. Mes parents, mes amis aussi", énumère-t-elle. 

"On met notre vie entre parenthèses"

Mais il n'était pas question pour elle de ne pas s'impliquer dans cette mobilisation.

"Il était hors de question que je sois gréviste et rester chez moi. Effectivement, on met notre vie normale entre parenthèses à ce moment-là", explique-t-elle. 

Sa maman Fatima s'inquiète du nouveau rythme de vie de sa fille. "Moi il y a même un moment où je lui ai dit d’arrêter parce que de ne pas la voir pendant 28 jours, c’est beaucoup. Je lui ai dit plusieurs fois ‘rentre, tu es fatiguée, tu as faim’. Mais ça fait un mois qu’on ne l’a pas vu. C’est trop long, ça me stresse, mais on continuera de l’aider", indique-t-elle. 

Avant de repartir de chez ses parents mercredi soir, Linda a eu droit à un cadeau de Noël, elle n'avait pas pu recevoir plus tôt.

Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours