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Salariés d'Air France interpellés: "On cherche à nous criminaliser"

TEMOIGNAGES - Une semaine après les violences à Air France, six salariés de la compagnie ont été placés en garde à vue lundi, provoquant de nombreuses réactions à gauche et chez les syndicats. A Roissy, bon nombre de leurs collègues se sont réunis pour les soutenir et dénoncer les conditions de ces arrestations.

La polémique enfle. Six salariés d’Air France ont été arrêtés ce lundi à leur domicile par les agents de la police de l’air et des frontières (PAF). Ces personnes auraient été formellement identifiées sur les images vidéo comme étant les principales responsables des violences commises une semaine plus tôt sur des vigiles et deux cadres d’Air France, en marge du comité central d’entreprise (CCE). Mais, ce lundi à Roissy, les conditions de ces interpellations faisaient vivement réagir les salariés d'Air France interrogés par RMC.

"Ils n'ont rien à faire en garde à vue"

"J'en connais quelques-uns, j'étais en formation avec certains d'entre eux, raconte, le visage grave, James. On parle de pères de famille, de personnes de plus de 30 ans, qui ont plus de 10 ans de carrière à Air France, voire plus, qui ont des enfants, sont mariés… Elles sont comme tous les citoyens français". Et d'ajouter, quelque peu sous le choc: "Ce sont des gens qui n'ont jamais eu de contraintes avec la police ou de soucis avec la justice. Ils n'ont rien à faire en garde à vue, c'est sûr".

Les arrestations choquent tout comme la méthode employée. "On cherche à nous criminaliser, à nous faire passer pour des enfants gâtés. Mais si l'entreprise en est là c'est à cause des erreurs stratégiques commises ces dernières années par les employeurs successifs que nous avons eu", s'emporte Miguel Fortea secrétaire général CGT à Air France.

"On se bat pour nos emplois"

"On fait tout pour nous pointer du doigt et pendant qu'on nous pointe du doigt, il n'y a personne qui les observe ou les critique. Et ça, c'est complètement scandaleux, estime-t-il encore. Nous, on se bat pour nos emplois !" Les syndicats dénoncent aussi les menaces de sanctions de la direction contre une vingtaine de salariés pour avoir notamment dansé sur la chanson Tomber la chemise. Ils devraient recevoir une sanction pouvant aller d'un avertissement à une mise à pied de trois jours.

"Juridiquement, je ne vois pas comment on peut mettre une mise à pied pour quelqu'un qui a chanté et dansé pendant une manifestation surtout que je suis avant tout une salariée en grève", s'étonne Julie, qui confirme avoir "tourné à la dérision l'épisode de la chemise en chantant et dansant sur 'Tomber la chemise'". Elle considère donc qu'il s'agit "pour la direction d'un moyen de faire pression et de faire taire les salariés coûte que coûte".

Maxime Ricard avec Marie Dupin