RMC

Taxis, livreurs... Vers la fin de l'uberisation du travail?

En Espagne et au Royaume-Uni, la justice reconnaît aux livreurs de plates-formes de livraison et de chauffeurs VTC le statut de salariés.

Les chauffeurs Uber britanniques seront désormais des salariés comme les autres, salaire minimum, cotisations pour la retraite et congés payés inclus. Ça n’a l’air de rien, dit comme ça, mais c’est une révolution. Jusqu’à présent, les 70.000 conducteurs étaient des travailleurs indépendants, comme partout dans le monde, mais il y a mois la Cour Suprême du Royaume-Uni a donné raison à une vingtaine de plaignants qui réclamaient un changement de statut. Les juges ont considéré que les chauffeurs étaient bel et bien des travailleurs et qu’ils devaient donc bénéficier de droits sociaux.

Cette évolution, une première mondiale, pose désormais deux questions : est-ce que les tarifs vont augmenter pour compenser le coût de ces mesures ? Et est-ce qu’Uber va étendre ce nouveau statut à l’ensemble des pays où l’application est utilisée ? C’est en tout cas ce que souhaiterait le patron de l’entreprise.

>> A LIRE AUSSI - Que va-t-il se passer pour les personnes ayant déjà reçu une dose de vaccin AstraZeneca?

En France aussi la justice s’était prononcée sur le statut des chauffeurs… 

En France en 2020, la Cour de cassation s'était aussi prononcée sur le statut des chauffeurs. Et l’issue avait été la même : le statut d’indépendant était purement "fictif" avaient dit les juges, pointant un lien de subordination entre la marque et ses chauffeurs, qui devaient donc être considérés comme des salariés. À ce moment-là, Uber avait expliqué qu’il n’y avait pas lieu de requalifier l’ensemble des contrats en contrats de travail, que cette décision ne concernait qu’un individu et qu’elle ne faisait pas jurisprudence.

Mais il semble que l’entreprise soit en train d’évoluer. Son PDG a soumis en février l’idée d’un statut hybride, à mi-chemin de l’auto entrepreneur et du salarié, pour offrir davantage de protection sociale sans avoir à embaucher formellement tous les chauffeurs.

L’Espagne s’apprête à reconnaître le statut de salariés des livreurs pour les plateformes de livraisons de repas

De l'autre côté des Pyrénées, c'est le statut de salariés pour les livreurs de plateforme qui a été reconnu. Et cela aussi c’est inédit en Europe. Le gouvernement espagnol a trouvé un accord avec les syndicats et le patronat…Uber Eats, Deliveroo ou Glovo ont trois mois pour régulariser la situation de leurs livreurs et leur offrir un salaire fixe et une protection sociale…En France, pas de loi, mais une plateforme a pris les devants…Just Eat a annoncé vouloir embaucher cette année 4.500 livreurs en CDI…Ils seront rémunérés au moins 10 euros 30 de l’heure, juste au-dessus du SMIC, et pourront aussi toucher des primes… 

>> A LIRE AUSSI - "Ma main droite bleuissait": sur RMC, Marie-Lise témoigne d'effets secondaires après avoir été vaccinée par le sérum d'AstraZeneca

Louis Amar