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Transports en commun en tension: l'ex-ministre Jean-Baptiste Djebbari tacle un modèle "précarisant"

Les usagers des transports en commun, et particulièrement les Franciliens, vivent un enfer depuis le début de l'année. Les bus manquent à l'appel car le recrutement de nouveaux chauffeurs patine, tandis que les métros sont bondés.

Transports bondés, bus, métros et chauffeurs qui manquent à l'appel. A Paris, prendre les transports en commun est une galère depuis le début de l'année. Île-de-France Mobilités, l'autorité qui gère les transports de la région, a reconnu des difficultés mercredi, déplorant une dégradation de la régularité dans le métro: "C’est rare d’avoir des chiffres aussi bas sur plusieurs lignes", concède à l'AFP le directeur général d'IDF Mobilités Laurent Probst.

Et comme sur le réseau de bus, le nombre de chauffeurs vient à manquer dans le métro. "La RATP a des difficultés de recrutement, il faut qu'on les aide à recruter", appelle Laurent Probst.

"On est dans le pire des mondes"

"Depuis que je suis parti, plus rien n'est tenu", ironise ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" l'ancien ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari. "Il y a un sujet d'attractivité des métiers mais surtout un problème lié au Covid-19", pointe-t-il plus sérieusement, sur RMC et RMC Story. "On n'a jamais retrouvé la fréquentation d'avant Covid-19. Il y a 15% de fréquentation en moins: lundi, mercredi et vendredi, c'est calme, et mardi et jeudi il y a du monde, alors que les heures de pointe restent blindées. Et tout est dimensionné sur les heures de pointe, donc ça crée moins d'offres par ailleurs", estime Jean-Baptiste Djebbari.

"On est dans le pire des mondes. Ça coûte toujours plus cher, on a toujours moins de gens et le modèle économique en Île-de-France est très précarisant", ajoute l'ancien ministre.

"Le métier s'est dégradé"

Selon lui, il faudrait former plus de personnes au permis D. "Je pense qu'on reviendra au temps où on formait des jeunes au permis D", comme à l'époque du service militaire en s'appuyant peut-être aujourd'hui sur le SNU, le Service national universel.

"Conducteur de bus, on ne fait plus ça par amour", concède Abdo, chauffeur de bus à Paris. "Ce n'est plus une vocation, le métier s'est dégradé, notamment en Île-de-France. La circulation avec les trottinettes, les taxis, les piétons, les vélos et les travaux, il n'y a pas une ville comme Paris!", déplore-t-il, évoquant également des incivilités quotidiennes.

"C'est l'imaginaire sur le travail. On a tellement glorifié le col blanc et le digital", déplore l'ancienne enseignante Barbara Lefebvre. "Quant à la question de la surpopulation dans les transports, il faut la corréler à la vétusté des installations", ajoute-t-elle, assurant que la situation a toujours été tendue, même il y a 20 ans, mais estimant qu'il y avait moins d'incidents à l'époque.

G.D.