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"Un balcon qui tombe dans une manifestation, c’est un point d’exclamation", dénonce une Marseillaise

En pleine marche blanche, un balcon s'est effondré à côté de la foule à Marseille, blessant trois personnes dont un enfant de sept ans. Un incident qui renforce l'exaspération des riverains qui dénoncent l'abandon du quartier.

Les habitants du quartier de Noailles à Marseille ne décolèrent pas. En pleine marche blanche, samedi, en mémoire des victimes des effondrements de deux immeubles de la rue d’Aubagne, c’est cette fois un balcon qui s’est effondré. Au total, trois personnes ont été blessées dont deux femmes et un enfant de sept ans. 

Pour Corinne, qui vit dans le quartier, c’est une nouvelle preuve de l’état de délabrement des immeubles. "Un balcon qui tombe dans une manifestation, c’est un point d’exclamation", estime-t-elle. "Il y a zéro entretient, c’est-à-dire qu’il y a un abandon complet du centre-ville parce que c’est une population qui est plutôt pauvre et donc comme ces gens ne sont pas solvables, on en a un peu rien à faire. Ça, il faut le dénoncer", insiste-t-elle.

Jean-Claude Gaudin absent

Samedi, des milliers de personnes ont pris part à la marche en mémoire des huit victimes. Tout au long de la semaine, les critiques à l'égard de la gestion de Jean-Claude Gaudin (LR), aux manettes de la ville depuis 23 ans, n'ont cessé de croître. Le maire qui n’a pas participé à la marche blanche s’est justifié dimanche matin sur France Info. "Pourquoi je ne suis pas allé dans cette marche blanche (...) alors que je partage totalement l'émotion? (...) ma présence peut-être aurait pu provoquer des tensions, par conséquent, je suis resté dans mon bureau de l'Hôtel de ville".

Un rapport remis en 2015 au gouvernement faisait état de 40.000 logements indignes à Marseille, menaçant la sécurité de près de 100.000 habitants. Une enquête a été ouverte et confiée à la police judiciaire pour déterminer les circonstances exactes de la catastrophe et d'éventuelles responsabilités.

Margaïd Quioc (Avec G.D)