RMC

Un tiers des salariés en horaires décalés: par choix ou par contrainte, des risques bien présents

Selon une étude de l'Institut national d'études démographiques, en 2019, 36% des salariés français travaillaient en horaires décalés. Soit par choix, soit en étant contraints. Mais le travail de nuit ou le week-end peut aussi avoir des conséquences sur la vie des employés.

Plus d'un tiers des salariés travaillent en horaires décalés. C'est ce que révèle une étude de l'Institut national d'études démographiques, publiée ce mercredi. Cela concerne les personnes qui travaillent avant 7h, après 20h ou le week-end.

Devant l'hôpital Pompidou dans le 15e arrondissement de Paris, Fernando a les yeux rivés sur l'écran de son taxi en attendant sa prochaine course. Dix ans qu'il travaille sans relâche.

"Je travaille 7 jours sur 7. Moi par exemple, mes horaires, c’est de 17 ou 18 heures à 2 ou 3 heures du matin. Mais si j’ai un client le lendemain matin, je ne vais pas aller me recoucher pour repartir. Donc les horaires, on les choisit, mais finalement, on les subit”, explique-t-il.

Pour supporter ce rythme effréné, Fernando a un rituel. “J’essaye toujours de déjeuner à table. Je fais un bon repas le midi, dans un restaurant en bas de chez moi où je déjeune presque tous les jours là-bas”, détaille-t-il.

Margaux, elle, est auxiliaire de puériculture dans une crèche. Parfois, elle fait 6h-14h, d'autres fois 14h-21h.

“C’est moins une routine. Moi, je le vis bien. C’est un choix de vie. On a plus de temps pour faire la grasse matinée quand on est du soir ou pour faire ses courses quand on n'a pas forcément le temps de le faire le week-end parce que c’est blindé”, indique-t-elle.

Et puis il y a ceux qui travaillent le week-end. Un samedi sur deux pour Maoulida, 31 ans, maître de cérémonie dans les pompes funèbres. “On essaye de profiter de nos familles le week-end. On essaye de gérer du mieux qu’on peut, mais c’est vrai que ce n’est pas évident parce qu’ils comprennent difficilement, surtout les enfants. Quand je rentre en fin de journée, j’essaye de sortir un peu avec eux”, explique-t-il.

Le travail de nuit, mauvais pour la santé

Mohamed, ambulancier de 24 ans, n'a pas ce problème, car il n'a pas d'enfants. “Je commence à 6h et je finis à 18h. C’est moi qui ai choisi de faire ces horaires-là, de travailler six jours sur sept. L’avantage, c’est le salaire puisque ça peut me rapporter entre 1.000 et 1.500 euros de plus et les inconvénients, c’est qu’on n’a plus de vie. On fait ça sur une petite période. Sur une longue période, on ne peut pas tenir, c’est fatigant”, estime-t-il.

Fatigant et mauvais pour la santé, rappelle Isabelle Domenech Bonnet, médecin généraliste dans l'Allier.

“Le travail de nuit, on sait que ça augmente le risque d’obésité, le risque de diabète et le risque de maladie cardio-vasculaire. On sait aussi qu’on a plus d’accidents du travail la nuit, quand on rentre chez soi ou quand on part du travail le matin tôt pour commencer le travail sur une période assez longue en journée”, explique-t-elle.

La médecin conseille si possible d'éviter les changements de rythme au cours de la même semaine.

Martin Cadoret avec Guillaume Descours