RMC

Une cinquantaine de néonazis prosélytes dans l'armée française? Le ministère promet la tolérance zéro

LOUIS VA PLUS LOIN - La ministre de la Défense, Florence Parly, a réagi mercredi aux révélations de Mediapart sur l’existence, au sein de l’armée française, d’une "filière néo-nazie".

Et c’est précisément le mot de "filière" que Florence Parly a contesté mercredi devant le Sénat. Selon elle il ne s’agit que de dérives individuelles, nous y reviendrons. Pour autant, elle n’a pas démenti le fond de l’article de Mediapart.

Mardi soir, le journal en ligne a publié une enquête exhumant des photos, des vidéos, des messages sur les réseaux sociaux d’une cinquantaine de soldats français issus notamment de la légion étrangère. On y voit des saluts nazis, en tenue militaire ou civile, des drapeaux du troisième Reich, des croix gammées et des messages signés HH pour "Heil Hitler".

Selon Mediapart il ne s’agit pas de cas isolés

Ces hommes, selon Mediapart, "glorifient le nazisme au sein même de leurs régiments", certains ont célébré le réveillon de Noël, en 2019, devant une croix celtique, symbole utilisé par les suprématistes blancs.

En opération non plus, ces militaires ne font pas mystère de leurs convictions. Un légionnaire, baptisé Nikita H., filme ainsi des enfants noirs en Guyane forcés de faire le salut nazi. Il publie également une vidéo d’un jeune enfant contraint de faire des pompes contre une distribution de nourriture, avec des insultes racistes proférées, au milieu de collègues hilares.

Des exemples comme celui-ci, l‘enquête de Medipart en compte beaucoup. Selon le journal il ne s’agit pas de cas isolés mais bien d’un courant structuré. Le site pointe également les manquements de l’armée dans sa politique de recrutements puisque beaucoup de ces photos et vidéos glorifiant le troisième Reich étaient déjà en ligne avant que leurs auteurs n’intègrent la légion.

Qu’a répondu le ministère de la Défense?

Que ces comportements ne sont nullement représentatifs des militaires français et qu’ils seraient traités au cas par cas, ce sont les mots de Florence Parly. Sur les cinquante soldats mis en cause par Mediapart, elle affirme que douze ne sont plus aujourd’hui dans l’armée, ce que le journal conteste, que vingt font l’objet d’une enquête et qu’une dizaine de cas n’étaient pas encore connus des services avant l’article.

Le porte-parole du ministère, Hervé Grandjean, s’est lui aussi expliqué, reconnaissant des lacunes dans l’identification de ces légionnaires déviants. Il promet la tolérance zéro et assure que sept militaires néonazis ont déjà été lourdement sanctionnés, c’était à la suite d’une précédente enquête de Mediapart, sur le même sujet, en juillet dernier.

Louis Amar (avec J.A.)