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Victime d'une fraude à la carte bancaire, elle perd 15.000 euros: sa banque refuse de rembourser

Le 13 mai dernier, Alexandra découvre un trou de 15.000 euros sur son compte en banque en raison d'une fraude à la carte bancaire. Quatre mois plus tard, sa banque, l'établissement en ligne Revolut, n'a toujours pas remboursé la somme comme la loi l'y oblige.

C’était un vendredi 13. Jour de malchance pour Alexandra. Le 13 mai dernier, cette jeune femme se réveille dans son appartement de Londres. En allumant son téléphone, elle va regarder l'état de son compte et elle hallucine: dans la nuit, son compte en banque a été siphonné. 15.000 euros sont évaporés. 23 paiements ont été effectués en moins de deux heures, à l'autre bout du monde, au Brésil, où elle avait passé des vacances deux mois plus tôt. 23 transactions, dont 20 avec – "au centime près" – le même montant.

"La carte est ici, à Londres. Je suis ici. Et la banque me dit qu'il n'y a pas de fraude. (…) Qu'est-ce qu'il faut de plus? 15.000 euros, c'est des années d'économies: il va falloir retravailler pour récupérer ce qu'on pensait qui nous appartenait", nous explique-t-elle.

Le compte d’Alexandra est chez Revolut, une néo-banque en ligne qui refuse de la rembourser.

"La réponse du service client quand on insiste un peu c'est: 'non, il n'y a pas de plafond de paiement, c'est à vous d'en fixer un' et 'quand vous revenez d'un pays comme ça, il faut annuler votre carte et en redemander une autre'. Personne ne m'a suggéré ça. On marche sur la tête !", dénonce Alexandra.

Une obligation de remboursement

En gros, la banque lui dit que c’est de sa faute. Sauf que le code monétaire et financier est très clair à ce sujet: la banque doit absolument rembourser le client qui signale une opération dont il n’est pas à l’origine.

Article L133-18 du code monétaire et financier : "En cas d'opération de paiement non autorisée signalée par l'utilisateur dans les conditions prévues à l'article L. 133-24, le prestataire de services de paiement du payeur rembourse au payeur le montant de l'opération non autorisée immédiatement après avoir pris connaissance de l'opération ou après en avoir été informé, et en tout état de cause au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant, sauf s'il a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de l'utilisateur du service de paiement et s'il communique ces raisons par écrit à la Banque de France. Le cas échéant, le prestataire de services de paiement du payeur rétablit le compte débité dans l'état où il se serait trouvé si l'opération de paiement non autorisée n'avait pas eu lieu."

Alexandra a fourni des preuves: sa carte bancaire - toujours en sa possession -, des photos qui confirment sa présence à Londres et une attestation de son employeur. Revolut a donc fini par lui faire une proposition: un remboursement de la moitié des 15.000 euros, sans aucune justification.

Un banque difficile à joindre qui connaît des failles de sécurité

L'équipe de "RMC s'engage pour vous" a tenté de joindre cette banque. Une opération qui est loin d'être simple: Revolut est domiciliée en Lituanie. Après plusieurs échanges de mails, on a fini par avoir le numéro de téléphone d’une chargée de communication basée en Espagne, qui nous a renvoyé vers un communiqué diffusé quelques heures plus tôt assurant qu'une enquête est en cours.

Alexandra, elle, a porté plainte pour escroquerie. Son avocate, Me Léoty, doit envoyer une mise en demeure à Revolut ce jeudi. L’association "France Conso Banque" envisage de monter une action collective contre cette néo-banque. En effet, ce n’est pas la première fois qu’une faille de sécurité est démontrée… ni la dernière. Il y a 12 jours, Revolut a été victime d’un piratage. Les données de 50.000 clients ont été volées.

Amélie Rosique, Elise Denjean, Joanna Chabas (avec Maxime Martinez)