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"Sortir d’un système de surconsommation excessive": ces municipalités décident de restreindre la publicité dans les centres-villes

La municipalité de Mondeville, petite commune de 10.000 habitants dans le Calvados, qui vient de voter la réduction de 50% des publicités sur les abribus.

La décision a été prise à l'unanimité par le Conseil municipal. Les abribus autour des établissements scolaires et dans les zones résidentielles de Mondeville seront vierges de toute publicité en septembre prochain, mais ce n'est qu'un début, explique la maire Hélène Burgat.

“C’est un engagement de campagne que j’avais et que je mets en œuvre. L’idée, c’est de préserver, de préserver certains lieux de la publicité. C’est aussi pour sortir d’un système de surconsommation excessive qu’on prend cette décision en plus de la pollution visuelle dont on parle beaucoup. Tout le monde sait aujourd’hui que la publicité n’est pas le problème, mais qu’elle est quand même une partie du problème. Je pense vraiment qu’il y a quelque chose d’irréversible”, assure-t-elle.

L'impact sera de quelques milliers d'euros sur un budget municipal de 17 millions et les petits commerçants n'y voient rien à redire: ils n'ont de toute façon pas les moyens d'accéder à ces espaces publicitaires.

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Plusieurs villes suivent la dynamique

Voilà pourquoi plusieurs grandes villes suivent le même chemin: Grenoble, Valence, Lyon, Montpellier ou encore Nantes ont décidé de limiter la publicité. Erwan Huchet fait partie des rares élus nantais à ne pas avoir voté pour. C’est un ancien publicitaire.

“On est tous des 'fils de pub', c’est notre culture générale. Je pense notamment aux pays soviétiques à l’époque où il y avait uniquement la publicité de ceux qui dirigeaient. Et moi ce n’est pas le type de villes dans lequel j’ai envie de vivre”, indique-t-il.

Les grands panneaux sur les murs des villes ou les sucettes publicitaires ont encore des défenseurs, mais ils ne représentent aujourd'hui que 3% du marché de la pub en France.

Victor Joanin avec Guillaume Descours