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Supporter condamné après les incidents de Marseille: "Il sert d'exemple mais il n'est pas le seul"

De violents incidents ont éclaté samedi sur le Vieux-Port de Marseille entre des supporters.

De violents incidents ont éclaté samedi sur le Vieux-Port de Marseille entre des supporters. - Jean-Christophe Magnenet - AFP

Dix individus ont été condamnés à des peines de 1 mois à 1 an ferme lundi à Marseille après les violences entre supporters en marge du match Angleterre-Russie samedi. Un proche d'un condamné dénonce la fermeté des peines sur RMC.

Parmi les dix hommes qui comparaissaient lundi à Marseille, David a écopé de la peine la plus lourde. Cet Aixois de 30 ans, employé dans une entreprise de location de voiture a été condamné à un an ferme et un an avec sursis après les violentes bagarres qui ont éclaté sur le Vieux-Port de Marseille samedi. Il a été vu sur des vidéos de surveillance en train de frapper des supporters anglais pour leur voler leur drapeau et leur maillot. Même si les faits sont graves, son oncle Jean-Pierre estime que la sanction est trop lourde.

"J'étais très loin de m'attendre à une peine aussi lourde pour ces faits-là. Pour mon neveu, ça me paraît légèrement hors de proportion pour quelqu'un qui n'a jamais été condamné, qui n'a pas de casier judiciaire, qui a un travail, qui a une famille", estime-t-il.

Pour lui, son neveu fait les frais d'une justice qui a voulu le porter en exemple. "Il sert d'exemple, mais il n'est pas le seul. J'ai entendu dire que le Premier ministre avait demandé à ce que ce soit exemplaire, on se rend compte qu'il est suivi sur ce plan-là et on ne peut que le déplorer au niveau des familles", poursuit Jean-Pierre. 

"Aucun Russe ne comparaît, c'est anormal"

Samedi sur le Vieux-Port de Marseille, les bagarres ont impliqué des dizaines de supporters, loin des dix personnes condamnées lundi. Aucun Russe ne figure d'ailleurs parmi les prévenus. Le procureur de Marseille avait pourtant évoqué après les incidents l'implication de 150 hooligans russes "extrêmement entraînés". Pour Maître Karine Laignel, l'avocate de plusieurs supporters anglais, l'absence des hooligans russes du box des accusés est un problème. Les Russes "auraient certainement eu des explications à donner" estime l'avocate pour qui ces supporters ont eu un "comportement qui a été clairement organisé pour entrer dans les critères du hooliganisme".

"Aujourd'hui on n'a aucun Russe qui comparaît et c'est anormal, poursuit-elle. Sur une des personnes que j'assiste, il y a eu une provocation évidente de la part des supporters russes et ils ne sont pas là pour s'en expliquer, c'est regrettable."

Mardi, le gouvernement a évoqué un "problème d'information venue de Russie". Alors que l'Angleterre avait établi une liste de 2.000 supporters jugés violents qui avaient dû remettre leur passeport à la police. Une collaboration qui n'aurait pas eu lieu côté russe. Des vérifications d'identité ont été effectués mardi auprès de 29 supporters russes, certains d'entre eux soupçonnés de présenter une menace pour l'ordre public devraient être expulsés.

Carole Blanchard avec Lionel Dian