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Taxis contre UberPOP: "J'appelle tous les taxis à continuer le mouvement"

Invité de Jean-Jacques Bourdin ce vendredi sur RMC, président de l'association "Taxis de France", a aussi "appeler le gouvernement à prendre ses responsabilités" dans le conflit qui oppose les taxis à UberPOP.

Les chauffeurs de taxis en colère contre l'application UberPOP ont levé dans la nuit de jeudi à vendredi le blocage des gares et aéroports parisiens, mais en tout début de matinée une quarantaine stationnent toujours porte Maillot, à proximité d'un important dispositif policier, comme a pu le constater sur place RMC. Invités de Jean-Jacques Bourdin ce vendredi matin, Sylla Ibrahima, président de l'association "Taxis de France", et Khalid, chauffeur de taxi qui faisait partie de la délégation de chauffeurs reçue ce jeudi à Matignon, ont lancé un appel au maintien de la grève.

"Nous, l'ensemble des chauffeurs, maintenons le mouvement de grève ce vendredi tout simplement car hier nous n'avons rien obtenu. Les seules propositions qui nous ont été faites sont des mesures qui règlementent le travail au noir. Or, que je sache, le travail au noir a toujours été interdit en France…", justifie Khalid dans Bourdin Direct. Mais ce chauffeur tient à rappeler une chose: "A l'origine notre combat est contre les VTC et pas seulement UberPOP. Mais notre parole en tant que chauffeur n'a pas été transmise par nos représentants. Nous ne sommes pas représenter par nos syndicats, surtout dans nos idées. En effet, depuis le début nous manifestons pour demander la suppression des VTC".

"L'Etat doit prendre ses responsabilités"

Sylla Ibrahima ne dit pas autre chose: "On nous met des écrans de fumée avec les UberPOP, les UberX, les AlloCab… mais en réalité ils sont tous dans le même bain". S'il "condamne" les violences de la veille, il indique toutefois que "ce qui s'est passé hier est un SOS, un cri d'alarme, un ras-le-bol. On a en marre. Nous sommes désespérés". Et d'ajouter: "On est en train de mourir à petit feu. A l'heure actuelle, la loi n'est pas respectée, l'Etat doit donc prendre ses responsabilités pour que cela soit le cas". Il lance donc "un appel à tous les taxis de France à ne pas lâcher le blocus et à continuer le mouvement".

"Cela fait deux ans que l'on se bat pour la même chose et que nous ne sommes pas entendus", explique Khalid. Très remonté, il estime aussi "qu'en créant les VTC, l'Etat a fait une grosse erreur. C'est donc au gouvernement d'assumer cette situation". Sylla Ibrahima insiste, dépité: "L'Etat nous fait des promesses qu'il est incapable de mettre en place". Pour eux, "la seule solution pour mettre fin au conflit est la suppression des VTC et/ou d'indemniser les taxis. Au gouvernement de trancher".

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin