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Données personnelles: pourquoi il faut faire très attention... aux robots-aspirateurs

Des espions redoutables se cachent au milieu de notre salon: les aspirateurs, qui peuvent se transformer en mouchards.

Les aspirateurs, nouveaux espions du quotidien? Des photos privées assez gênantes – entre autres une femme assise sur le siège de ses toilettes- prises par un robot-aspirateur se sont retrouvées sur Facebook.

Les modèles de dernière génération sont des bijoux de technologie. Ils aspirent la poussière, certes, mais ils sont surtout capables de cartographier précisément leur environnement: plan des étages, disposition des meubles, et sont équipés de capteurs, d’une connexion wifi et même pour certains modèles, de caméras.

Dans le cas qui nous occupe, certaines des images captées par l’appareil sont ensuite remontées vers le constructeur, afin d’entraîner l’intelligence artificielle à mieux reconnaître certains objets. Et des salariés peu scrupuleux les ont publiées sur les réseaux sociaux…

Est-ce que ça veut dire que votre aspirateur vous espionne ? Le fabricant explique qu’il s’agissait de prototypes d’un aspirateur pas encore sorti sur le marché et que les personnes avaient signé des accords concernant l’enregistrement des images. Pas sûr qu’elles aient acceptées qu’on les filme aux toilettes, d’ailleurs certaines se sont plaintes.

Des objets de plus en plus intrusifs

Ca pose plus largement la question de la collecte de données réalisées par nos objets connectés, de plus en plus curieux et intrusifs. D’autant que les créateurs de ces aspirateurs, la marque Roomba, récemment rachetée par Amazon, ont dit clairement, dès 2017, qu’ils comptaient revendre certaines informations récoltées par ces appareils à des tiers, qui pourraient être très intéressés par la configuration de votre intérieur pour vous vendre une lampe ou un nouveau canapé. Se pose aussi la question du piratage potentiel de ces appareils.

Les enceintes connectées également dans le viseur

Il y a plus de 6 millions d'enceintes connectées installées en France et ça fait longtemps qu’elles sont dans le collimateur des défenseurs de la vie privée. C’est quand même, même si on peut désactiver l’écoute, un appareil qui a été conçu pour écouter ce qui se passe et s’activer quand on prononce un mot magique. Sauf que là encore, certaines conversations remontent vers les serveurs du constructeur et sont utilisées pour améliorer l’IA.

Au fil des années, il y a eu pas mal de bugs un peu gênants, comme ce couple américain dont les conversations ont été enregistrées, avant d’être envoyé à un des collègues du mari.

Et puis se pose la question de la sécurité: récemment, un chercheur en sécurité informatique est parvenu à pirater le wifi de l’appareil, ce qui lui permettait potentiellement d’écouter à distance tout ce qui se disait dans la pièce, comme si on avait un micro installé. Par chance, c’était un "white hat", un gentil hacker, qui a prévenu Google, qui a pu corriger cette vulnérabilité -il a récolté 100.000 euros au passage-, mais ça montre bien que ces appareils ne sont pas fiables à 100% et qu’il est bon de s’en méfier.

Attention aux téléphones posés négligemment sur une table

Si vous voyez un smartphone négligemment pu dans une salle de réunion, il n’a peut-être pas été oublié, leur propriétaire s’en sert peut-être pour écouter tout ce qui se dit à distance. Cette fonctionnalité, baptisée "écoute en temps réel" et destiné à ceux qui entendent mal, permet d’amplifier le son capté par le téléphone et de l’envoyer en Bluetooth vers des écouteurs situés jusqu’à 15 mètres de distance.

En clair, on laisse son smartphone dans une pièce, on s’éloigne un peu, on met les écouteurs dans les oreilles et on entend parfaitement tout ce qui se dit dans la pièce. Méfiez-vous donc des téléphones oubliés !

Anthony Morel (édité par J.A.)