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Faut-il lutter davantage contre le démarchage téléphonique abusif? Ça fait débat sur RMC

Des mesures définies l’an dernier par l’Arcep, le gendarme des télécoms, sont entrées en vigueur jeudi. Avec, parmi elles, l’interdiction pour un centre d’appels basé à l’étranger d’avoir un numéro qui commence par 01 ou un 09 par exemple.

Certaines entreprises utilisaient cette technique pour tromper la personne appelée. Si vous voyez un numéro étranger qui vous appelle et que vous n’avez ni famille ni ami en dehors de la France, il y a relativement peu de chances pour que vous décrochiez alors que si vous voyez un numéro de téléphone fixe français classique, il y a déjà plus de chances.

Il ne faut pas non plus s’attendre à un miracle. L’Arcep laisse deux ans aux opérateurs téléphoniques pour mettre en place des systèmes efficaces pour localiser la provenance d’un appel, au cas où certaines entreprises peu vertueuses tenteraient de contourner ces mesures.

Tout cela est bien joli, mais reste nettement insuffisant pour Cédric Musso, directeur de l’action politique à l’UFC-Que Choisir. D’autant que d’après un sondage réalisé par l’association, chaque foyer est démarché 4 fois par semaine, un foyer sur deux dit même être démarché tous les jours.

Cédric Musso demande à ce que le démarchage téléphonique soit tout simplement interdit si le consommateur ne souhaite pas être contacté:

"Il faut impérativement qu'on revoit complètement le système, c’est-à-dire qu'il faut que vous ayez donné votre accord pour être démarché téléphoniquement. Ce que réclame l'UFC-Que Choisir, c'est un système de case à cocher pour que les consommateurs expriment un consentement éclairé par rapport au démarchage téléphonique comme pour les courriels ou les SMS. C'est une mesure de bon sens. Il faut que la France ne reste pas arc-boutée sur un dispositif d''opt-out' qui a fait la preuve de son inefficacité".

"Interdire le démarchage téléphonique serait désastreux"

Il ne faudrait toutefois pas tomber dans cet extrême et interdire totalement le démarchage téléphonique selon le directeur général de la Fédération Française des Télécoms. Il faut combattre le démarchage abusif, pas le démarchage en général. Pour Michel Combot, laisser le choix au consommateur d’être contacté ou non ne serait pas une bonne idée notamment pour les petites entreprises qui reposent sur ce modèle.Il estime qu’il faut s’appuyer sur les mesures déjà existantes et celles annoncées hier:

"Interdire le démarchage téléphonique serait désastreux. Nous nous sommes engagés au travers de ces mesures à éradiquer le démarchage illicite et nous espérons arriver à ce juste milieu qui est important pour les PME et la protection des consommateurs".

Dans les dispositifs qui existent déjà: cette plateforme lancée par le gouvernement il y a trois ans, bloctel.gouv.fr. Vous pouvez vous inscrire gratuitement et normalement vous ne serez plus démarché par téléphone. Sauf par des entreprises chez qui vous souscrivez déjà, comme votre opérateur téléphonique, par exemple, ou des instituts de sondage.

Lucas Scaltritti