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Le Minitel ressuscité par une startup française

Anthony Morel présente ce mercredi sur RMC le Minimit, le bon vieux Minitel ressuscité par une startup française.

C’est la madeleine de Proust technologique absolue: le Minitel. Notre internet à nous les Français, joyau de l’industrie "télématique" comme on disait à l’époque… Les plus de 30 ans se souviennent tous de cet objet marron qui trônait dans chaque foyer, la touche envoi, la touche retour, les 3615, et la facture qui piquait à la fin du mois parce qu’on avait trop consulté les résultats sportifs (et ceux du bac, entre autres). On avait aussi des applications de banques électroniques, de messagerie… Et il revient, le Minitel! Un peu réinventé…

Ça s’appelle le Minimit, c’est mis au point par une startup française. C’est un vrai Minitel (on en trouve sur Le bon coin), mais auquel on a branché un petit module, à la prise arrière, et qui contient un connecteur wifi. Et grâce à ça, on va retrouver, avec l’affichage pixélisé noir et blanc d’époque, une partie des services de l’époque, qui ont été reconstitués comme tels par une startup française. Ils ont fait un travail d’archivistes minutieux et très amusant à l’usage. On retrouve par exemple le site du Monde, où on va avoir les infos d’il y a 40 ans jour pour jour, mais aussi l’horoscope, la météo, le jeu du pendu… Et à la question que vous vous posez tous, oui, le 3615 Ulla aussi, rebaptisé pour l’occasion 3615 Eliza, qui permet d’échanger avec un chatbot.

La question, c’est évidemment: à quoi ça sert à l’ère de la fibre et de la 5G? A rien… Si ce n’est à cultiver cette petite pointe de nostalgie qui nous ramène aux années 1980-1990. Et peut-être à redonner un peu de prestige à un objet dont on aime se moquer aujourd’hui mais qui était quand même assez pionnier. C’était la première base de données accessible au public dans le monde. Même Steve Jobs en avait un, qu’il avait dépiauté pour en analyser les composants. A réserver aux nostalgiques qui ont de la place à la maison, car ça coûte 75 euros et c’est quand même plus encombrant qu’un ordinateur portable.

Le Walkman également de retour

Moins encombrant, le bon vieux Walkman, qui signe lui aussi son grand retour. Il a été designé et modernisé par une startup française, WeAreRewind. On retrouve les fonctionnalités de base, les boutons physique play, rewind, avance rapide, un port jack pour brancher un casque… Mais on a aussi la possibilité de connecter un casque Bluetooth et une batterie USB-C à la place des piles. Il coûte un peu cher, 150 euros, parce qu’il est assez design. Mais il y a des modèles à 20 ou 30 euros sur internet et la plupart permettent de transformer des cassettes en fichier MP3.

A l’ère du streaming musical, ça semble aussi incongru qu’un phonogramme. Mais de manière assez inattendue, un peu comme le vinyle, les cassettes audio font aussi leur retour. Le bonheur de les rembobiner avec un crayon ou de préparer une compilation pour son amoureuse du moment… On est loin des années 80, où il se vendait près d’un milliard de cassettes par an, avant qu’elles soient tuées par l’arrivée du CD. Mais les ventes ont repris à la hausse ces dernières années, poussées par le fait que des artistes contemporains sortent à nouveau des cassettes. Lady Gaga, Dua Lipa, Daft Punk, Justin Bieber, en passant par Eminem, sortent leurs morceaux en cassettes. Il y a aussi eu la bande originale du film Marvel Les gardiens de la galaxie, dans lequel une cassette audio tient un rôle important. Dans tout fan de musique, il y a un fétichiste qui se cache… Certains fans ont besoin d’avoir un vrai souvenir, palpable, collectionnable, plus tangible en tout cas qu’un fichier MP3 gravé dans la mémoire d’un smartphone.

Anthony Morel