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Procès France Télécom: le message du fils d'une victime aux prévenus

Les anciens dirigeants de France Télécom sont entendus dans l'examen des cas de 39 salariés qui se sont suicidés. Le fils d'un salarié qui s'est immolé par le feu veut que les responsables aillent en prison.

Dernière semaine dans le procès France Telecom, qui doit se terminer jeudi 11 juillet. Place ce lundi aux plaidoiries de la défense. Depuis le 6 mai le tribunal examine le cas de 39 salariés, dont 19 se sont suicidés.

Vendredi le parquet a requis les peines maximales contre France Télécom et ses ex-dirigeants, dont l'ancien PDG Didier Lombard, jugés pour "harcèlement moral".

Le parquet a donc demandé 75.000 euros d'amende contre France Télécom et un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende contre l'ex-PDG, l'ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès et l'ex-DRH Olivier Barberot.

"Il faut envoyer un message non seulement aux personnes qui sont assises là, mais à leurs homologues dans d'autres entreprises"

Raphaël Louvradoux, fils de Rémy Louvradoux, qui s'est suicidé en s'immolant par le feu sur un parking de France Télécom en 2011 s'est exprimé en marge de ce procès. Il souhaite que les dirigeants de l'entreprise soient incarcérés.

"La seule manière dont peut bien se conclure ce procès, c'est que les personnes assises sur le banc des prévenus aillent en prison."

Il veut également que l'impunité des patrons qui pratiquent le harcèlement moral cesse au travers de la décision de justice qui sera rendue.

"Il faut envoyer un message non seulement aux personnes qui sont assises là, mais à leurs homologues dans d'autres entreprises publiques ou privées dont on sait qu'ils font la même chose. Le message c'est de dire stop. Qu'on n'a pas les moyens à l'heure actuelle de vous mettre en prison mais que le prochain qui le fait, la loi aura évolué, on viendra vous chercher, et votre place sera réellement d'aller en prison."
Marion Dubreuil (avec James Abbott)