RMC

Zones sans réseau mobile: "les gens ne me rappelleront pas trois fois", déplore une commerçante

En France, 300 communes se trouvent en "zones blanches", ces territoires inaccessibles aux téléphones mobiles. RMC s'est rendue à Bragelogne-Beauvoir, une des 28 communes de l'Aube identifiées en zone blanche.

Les candidats à la présidentielle doivent présenter ce mercredi leurs propositions sur l'avenir des départements: financement du RSA, organisation du territoire, mise en œuvre du très haut débit ou du réseau mobile. Car 300 communes sont toujours en zone blanche, des endroits non couverts par le réseau téléphonique mobile.

L'an dernier, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, promettait de payer le coût d’installation des pylône-relais, soit environ 100.000 euros par commune. À la commune de fournir le terrain et de payer le raccordement au réseau électrique, et à l’opérateur de suivre.

Dans l'Aube, à Bragelogne-Beauvoir, rien a changé. RMC a rencontré Elsa, productrice de pâtes. Elle a investi dans un amplificateur de réseaux, mais cela ne change rien. La jeune femme est obligée de sortir de chez elle et de remonter son terrain, pour obtenir, parfois, un peu de réseau.

"Qu'il pense un peu à notre petite campagne"

L'absence de réseaux la pénalise professionnellement puisqu'elle rate constamment les appels de potentiels clients: "Certaines personnes ont appelé une fois, ils n'ont pas réussi à m'avoir, ils rappellent une deuxième fois mais ils ne rappelleront pas trois fois. Le jour où j'aurais un terminal de paiement par carte bancaire, s'il n'y a pas de réseau, je ne pourrais pas l'utiliser. Les campagnes vont continuer à se dépeupler".

A la mairie, les lettres envoyées au conseil départemental ou régional sont restées sans suite. Bragelogne-Beauvoir est une commune oubliée estime la maire Bernadette Dozières: "ça fait longtemps qu'on en entend parler et puis on se retrouve sans rien. S'il y a un futur président, qu'il pense un peu à notre petite campagne!"

L'élection présidentielle est le meilleur espoir pour obtenir un peu de réseau dans ce village de 247 habitants.

P.B. avec Romain Poisot