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Tribune polémique de militaires: qui sont les principaux signataires et que risquent-ils?

Un militaire.

Un militaire. - rmc

Dans un texte publié 60 ans jour pour jour après le putsch d'Alger, ces militaires préviennent que si "le laxisme continue à se répandre", cela rendra nécessaire "l'intervention de nos camarades d'active".

Vers des sanctions pour les militaires signataires d'une lettre ouverte anti-gouvernement? C'est ce qu'a finalement annoncé mardi Florence Parly face à la polémique et au tollé suscité dans la classe politique. La ministre des armées a ainsi "demandé au chef d'état major d'appliquer les règles prévues dans le statut des militaires, c'est-à-dire des sanctions".

Dans cette lettre ouverte, diffusée en premier sur le blog de l'ancien militaire Jean-Pierre Fabre-Bernadac, le 13 avril, puis relayée par le site de Valeurs Actuelles le 21 avril, date de l'anniversaire du putsch des généraux à Alger en 1961, des centaines de militaires dont 25 généraux à la retraite, dénoncent le délitement de la France et somment l'exécutif de réagir rapidement pour éviter une "guerre civile". 

Un texte "inacceptable" et "irresponsable" selon Florence Parly qui a rappelé le principe de neutralité et de loyauté que doivent respecter les militaires actifs ou en réserves.

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Mais alors qui sont les signataires présentés comme une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d’un millier d’autres militaires? 

Le blog, "Place d'Armes" qui a publié la tribune revendiquait mardi soir près de 6.000 signatures, dont une liste publiée de 1.500 noms de membres de l'armée. Le ministère indique être en cours d'identification des signataires.

Il apparait toutefois qu'il s'agit principalement de généraux à la retraite. Et plusieurs ont déjà pris position dans les médias, pour dénoncer l'immigration ou la place de l'islam en France. D'autres sont engagés en politique, quatre sont élus ou ont été candidats sous l'étiquette Rassemblement National. 

Le ministère des Armées doit encore identifier plusieurs signataires avant de les sanctionner pour manquement au devoir de réserve. Ce devoir de réserve concerne les militaires actifs mais aussi ceux à la retraite mais toujours réservistes. Cela peut aller de l'avertissement jusqu'à la radiation. C'est à dire ne plus faire partie de l'Armée, ne plus toucher de solde et perdre tout avantage. C'est d'ailleurs le cas du général Piquemal, qui a signé cette tribune. Il a été radié de l'armée depuis 2016, après avoir pris la parole lors d'une manifestation interdite contre les migrants à Calais. 

Plusieurs partis de gauche réclament eux des sanctions pénales, pour "appel à l'insurrection".