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Trois jours après les attentats: "Il faut revivre, sortir"

Un père emmène son fils à l'école, lundi 16 novembre, à Paris.

Un père emmène son fils à l'école, lundi 16 novembre, à Paris. - Kenzo Tribouillard - AFP

Trois jours après les attentats qui ont endeuillé Paris vendredi, la vie a repris son cours lundi, dans la capitale. Magasins, salles de spectacles, cinémas, écoles, ont rouvert leurs portes. Si les parisiens ont repris leur quotidien, c'est avec plus ou moins d'appréhension.

72 heures après les attentats de Paris, la vie a timidement repris son cours ce lundi dans la capitale. Les écoles ont accueilli les enfants, tout un chacun est retourné au travail, les cinémas et salles de spectacles rouvrent leurs portes, les grands magasins accueillent de nouveau du public. Et peu à peu, les cafés et restaurants voient revenir les clients.

Certains, comme Apolline, se posent même en terrasse, comme un acte militant. Elle prend son premier café depuis les attentats. "Je retourne en terrasse, une terrasse ouverte sur la rue et… ça me fait bizarre", confie-t-elle sur RMC. "Je repense à ce qui s'est passé, je me dis qu'il pourrait arriver n'importe quoi". Si elle ne veut pas changer ses habitudes, elle fait part de ses doutes : "Je ne sais pas ce qu'il faut qu'on fasse".

"J'aurais toujours une petite appréhension"

Comment reprendre une vie normale après ce weekend de cauchemar ? C'est la question que se pose aussi Axel, étudiant à Paris. "Forcément j'y pense en prenant le métro, en allant à ma fac. C'est un endroit où il y a beaucoup de jeunes. J'y pense aujourd'hui, j'y penserai mardi, mercredi… j'aurais toujours une petite appréhension". Depuis vendredi soir, il le reconnaît, il fait plus attention et se dit même "parano". "On entend un bruit, les ambulances et la police, on se dit tout de suite que ça a recommencé. Il ne faut pas s'habituer à vivre avec, parce que ce n'est pas normal, mais il faut être vigilant".

Pour Audrey, il y aura un avant et un après 13 novembre. "On est obligé de vivre différemment d'avant. Je sais que si mes parents pouvaient m'interdire de prendre le métro, il le ferait". Elle ne reconnaît plus Paris, affirme-t-elle. "On n'a jamais vu la ville comme ça, aussi triste. On sent que tout le monde a été touché par ce qu'il s'est passé".

"Il faut revivre maintenant"

"Ce n'est pas parce qu'on est menacé qu'il faut céder", enjoint de son côté Gabriel. Lui ne veut pas changer son mode de vie. "Il faut au contraire être fort, sortir. Il ne faut pas les laisser gagner sur ce terrain-là. Il va falloir revivre, donc il faut le faire maintenant".

C'est pour continuer à vivre justement que Ben a tout de même ouvert son magasin de disques, dimanche, dans le 15ème arrondissement de Paris. Contre toute attente, beaucoup de parisiens ont réagi comme lui. "J'étais persuadé qu'il n'y aurait personne. Je me suis dit 'je vais venir même si on fait une journée plate'. Et en fait, on a eu un monde énorme". Il le reconnaît : "J'étais vraiment content d'être venu hier, d'avoir bravé cette peur de me lever pour venir bosser, parce que je me suis retrouvé entouré".

Il explique cette affluence par le fait que "les gens avaient besoin de voir d'autres personnes, de se sentir entourés". "On a tous un truc comme ça qui nous lie. Personne n'a trop envie d'en parler, mais on a tous envie de sentir qu'il y a une union qui se forme, qu'on a tous besoin de se serrer les coudes".

P. Gril avec Juliette Droz.