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Tsunami, 10 ans après: "Comme dans un tourbillon de machine à laver"

Bruno Lartigue, médecin urgentiste, a organisé les secours français sur place

Bruno Lartigue, médecin urgentiste, a organisé les secours français sur place - ROSLAN RAHMAN / AFP

Le dimanche 26 décembre 2004, un tremblement de terre de magnitude 9,3 sur l'échelle de Richter se produit au large de l'Indonésie, déclenchant un tsunami dévastateur qui fera plus de 220 000 morts. RMC a interrogé ce vendredi Bruno Lartigue en vacances à Phuket à l'époque. En tant que médecin urgentiste c'est lui qui a organisé les secours français sur place.

Il y a dix ans jour pour jour, l'une des plus importantes catastrophes naturelles de tous les temps avait lieu. Le 26 décembre 2004, suite à un tremblement de terre de magnitude 9,3 sur l'échelle de Richter, une vague géante ravageait les côtes de la Thaïlande. Un tsunami qui fera plus de 220 000 victimes dont 96 Français.

A l’époque, Bruno Lartigue, médecin urgentiste au sein de la brigade des pompiers de Paris, est en vacances en famille à Phuket en Thaïlande pour fêter son anniversaire. Débarqué le jour de Noël, ils n'ont qu'une seule idée en tête : explorer les fonds marins autour de l'île le plus vite possible. C'est pourquoi en ce 26 décembre, ils embarquent à bord d'un bateau de plongée et partent au large.

"Les corps flottaient"

"Au moment de l'événement, nous sommes donc en plongée et nous ressentons comme un tourbillon de machine à laver au moment où le courant passe sous notre palanquée. Nous remontons donc d'urgence à la surface mais une fois à la surface, il y a un calme olympien" se souvient-il ce vendredi sur RMC. Il poursuit: "On reste immobilisé une heure ou deux au large, sans avoir aucune information de ce qu'il se déroule. C'est seulement en s'approchant des côtes que l'on s'est rendu compte du chaos".

Bruno Lartigue se rappelle que "toutes les maisons étaient détruites, le bois flottait, les premiers corps aussi, dans une eau qui est passée du turquoise au marron. Ce sont des images très marquantes". Mais, comme il l'explique, "en tant que médecin urgentiste mon temps de vacances était terminé pour prendre des fonctions de conseiller auprès de l'ambassadeur de France à Bangkok afin d'organiser les secours".

"C'est le chaos"

"On se dit tout de suite qu'on va assister à quelque chose de très particulier. Et effectivement quand on arrive près des côtes, c'est le chaos. Les gens sont complètement amorphes, comme tétanisés par ce qu'il vient de se passer". Bruno Lartigue va rester au total 14 jours sur place. "C'était une activité jour et nuit, témoigne-t-il dans Bourdin Direct. On ne dormait qu'une à deux heures par nuit et encore c'était le maximum." Et de se souvenir que "ce qui était le plus compliqué c'était l'identification des victimes".

A son retour des leçons ont été tirées de cette catastrophe afin d'améliorer les dispositifs de gestion de crise existants. Ainsi, il participe, avec le ministère de la Santé, de l'Intérieur et des Affaires étrangères, à la création de l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) qui a vu le jour le 5 mars 2007.

Maxime Ricard avec Adrien Borne