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Un combat de rue organisé en plein jour à Lyon: "C’est de plus en plus difficile à vivre", dénoncent les riverains

L'association "La Guillotière en colère" pointe du doigt la situation dans le quartier qui se dégrade année après année.

C’est une scène qui est passée assez largement inaperçue sauf pour les habitants du quartier de la Guillotière de Lyon. La semaine dernière, en plein jour, sur la place Gabriel Peri, une bagarre organisée a rassemblé des dizaines de personnes.

Selon Le Parisien, ce n’est pas la première fois que ce genre de pugilat a lieu en pleine rue à la Guillotière. En 2019, deux hommes s’étaient filmés lors d’un combat de rue, gants de boxe aux poings, devant le même restaurant. À l’époque, des paris de quelques dizaines d’euros avaient été engagés.

Une vidéo du combat de dimanche a été diffusée par le collectif La Guillotière en colère, qui lutte depuis plusieurs années contre les incivilités et l’insécurité dans ce quartier.

“La principale caractéristique de la Guillotière, c'est que c’est un quartier multiculturel, qui était toujours très agréable à vivre. Mais il se trouve que depuis quelques années, c’est de moins en moins joyeux, il y a de plus en plus de rixes et donc c’est de plus en plus difficile à vivre”, indique Nathalie Balmat, présidente de l’association “La Guillotière en colère”.

Exaspération des riverains

La pratique de ces combats de rue est originaire des Etats-Unis, popularisée par un film de 1999, “Fight Club”, avec Brad Pitt. Il s'agit de combat au corps-à-corps organisé entre deux personnes ou entre groupes. Bien souvent filmé, puis diffusé sur internet, parfois arbitré et parfois sans gant de boxe.

Tous les coups sont permis. Le but étant de mettre KO son adversaire, cela peut donner lieu à des drames. Des paris peuvent également être tenus. Des combats qui avaient déjà eu lieu dans ce même quartier de Lyon en 2019.

Selon Nathalie Balmat, ces bagarres de rue ne sont pas le seul problème qui touche ce quartier.

"Il y a plusieurs problèmes, des trafics, un marché illégal, des clandestins. La préfecture mène une opération par jour. De notre côté, on rencontre le préfet tous les trois mois pour faire des vraies réunions de travail, mais ça va prendre du temps”, explique-t-elle.

Mais face à cette situation qui dure et qui ne s’améliore pas, elle constate que beaucoup de riverains décident de partir. "Beaucoup d'habitants sont exaspérés et font leurs valises, car ils nous disent qu'ils en peuvent plus. Mais comme on est dans un quartier populaire, beaucoup ne peuvent pas partir, sont contraints de rester, sont englués dans ce quartier. On a créé l'association pour alerter, pour dire que ça suffit. Il faut vraiment reprendre le contrôle de ce quartier, car ça part dans tous les sens", affirme-t-elle.

Guillaume Descours