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Un patron dénonce les écarts sur la route de ses salariés: "On a divisé les infractions par deux"

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- - Philippe Huguen - AFP

Une des mesures du projet de loi "Justice du XXIe siècle" prévoit de sanctionner les entreprises qui ne dévoilent pas aux autorités les noms de leurs salariés qui ont commis une infraction routière avec un véhicule de société. Nicolas, directeur d'une agence de 500 personnes, déplore sur RMC l'attitude des patrons qui "couvrent" leurs salariés.

"Avant nous ne déclarions pas les salariés qui commettaient une infraction, donc ils ne payaient que l'amende et ne perdaient pas de points sur leur permis. Depuis environ deux ans notre groupe a décidé, pour des raisons de sécurité et face à la multiplication des infractions, de sanctionner les salariés en les déclarants auprès des autorités. Ils sont conducteurs d'un véhicule, à partir du moment où il y a une infraction, ils paient l'amende et on les déclare aux autorités. On s'est aperçu l'année d'après que nous avions divisé par deux le nombre d'infractions. Moi aussi avec mon véhicule de fonction j'ai divisé par deux le nombre de mes infractions, j'ai moi aussi fait plus attention. Donc cela a été efficace.

"Les patrons poussent leurs employés à rouler vite"

C'est vrai que les patrons, et j'en fais partie, poussent leurs employés à rouler vite. Le client demande de plus en plus d'activités, et les patrons bousculent les chauffeurs. On se cache derrière notre petit doigt en disant à notre chauffeur 'je ne te fais pas payer les points'. Certains employeurs paient même les amendes. On te pousse à travailler plus vite, mais en contrepartie on paie tes amendes et on ne te dénonce pas. On fait croire aux chauffeurs qu'ils ne seront jamais punis. Résultat: vous avez aujourd'hui des gens qui conduisent en toute impunité.

Je fais 50.000 km par an et je les vois tous les jours ces véhicules de service et ces véhicules d'entreprises, passer d'une voie à une autre, rouler à des vitesses importantes, parce que les patrons paient derrière.

Donc quand des patrons disent 'on ne veut pas faire de délation', c'est une fausse barbe (sic). Le patron se cache derrière ça".

P. G. avec JJ. Bourdin