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Une magistrate agressée à son domicile à coup de flashball: ce que l'on sait

L'agression a eu lieu au domicile de la magistrate, dans un petit village des Yvelines d'un millier d'habitants.

Le choc et l'incompréhension. L'une des présidentes de la cour d'assises des Yvelines a été agressée lundi matin à son domicile dans ce département, visée par un tir de flashball. Une enquête a été ouverte lundi soir pour "tentative d'assassinat".

Il était aux alentours de 9h30 dans deux hommes casqués sonnent chez la magistrate, une maison de plain-pied qui donne sur la rue.

Se faisant passer pour des livreurs, la magistrate ouvre la fenêtre du rez-de-chaussée aux deux suspects. Elle essuie alors un tir de flashball en plein visage, d'après une source judiciaire contactée par RMC. Les deux suspects prennent immédiatement la fuite à moto.

Un proche de la magistrate prévient les gendarmes. Rapidement prise en charge par les secours, elle présente de multiples fractures au visage.

Elle avait instruit et jugé plusieurs dossiers sensibles

Il ne s'agit pas d'une "agression au hasard", nous confie une source proche de l'enquête. La magistrate était ciblée, sans doute en raison de sa profession. Pour le moment, le mobile n'est pas clairement établi. Mais d'après l'entourage professionnel de la magistrate, elle avait instruit et jugé plusieurs dossiers sensibles. Elle avait d'ailleurs déjà fait l'objet de menaces par le passé.

Le ou les agresseurs sont en fuite et un important dispositif de recherche a été mis en place par la section de recherche de Versailles, chargée de l'enquête pour "tentative d'assassinat", a assuré le parquet. Plusieurs syndicats demandent davantage de protection pour les magistrats. 

C'est peu après 11h que la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a dit sur Twitter apprendre "avec indignation et émotion l'agression de la présidente de la cour d'assises de Versailles. Toutes les forces de l'ordre sont mobilisées pour retrouver les auteurs", a-t-elle déclaré, exprimant son "soutien à la magistrate, à sa famille et à la communauté judiciaire de Versailles."

"Une pensée à notre collègue de Versailles, agressée violemment à son domicile ce matin", a aussi déclaré le porte-parole de la Chancellerie, jugeant cette agression "aussi lâche qu'insupportable"

Marion Dubreuil