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Vif échange, en direct, entre Emmanuel Macron et un ex-salarié de Goodyear

Ce mercredi matin, dans le studio de RMC, Mickael Wamen, ex-salarié Goodyear et syndicaliste CGT, et Emmanuel Macron, ministre de l'Economie se sont écharpés en direct à propos notamment de la situation des anciens salariés de l'usine Amiens-Nord.

Partout où il passe, Emmanuel Macron fait débat. Considéré, parfois, comme un Premier ministre alternatif, tant ses rapports avec Manuel Valls sont tendus et leurs désaccords nombreux. 35 heures, fonctionnaires, théories économiques… l'ex-banquier d'affaires multiplie les sorties médiatiques polémiques. S'il bénéficie d'un large soutien de l'opinion publique (Emmanuel Macron est régulièrement cité dans les meilleurs candidats de la gauche pour la présidentielle de 2017, ndlr), il est loin de faire l'unanimité à gauche.

"On marche complètement sur la tête"

Preuve en est ce mercredi, il a encore été vivement attaqué, dans le studio de RMC, par Mickael Wamen, ex-salarié Goodyear, syndicaliste CGT, récemment condamné à neuf mois de prison ferme pour "séquestration". Très remonté, il a notamment évoqué sa situation: "Le 31 octobre 2011, on est venus sur notre parking nous faire des promesses. Elles en sont où ces promesses aujourd'hui? On a fait l'ANI (accord national interprofessionnel, ndlr) qui permet non pas de sécuriser l'emploi mais de sécuriser les licenciements. Parce que M. Macron, si vos lois avaient été mises en place quand Goodyear a annoncé la fermeture du site en 2007, on n'aurait pas bu se battre pendant sept ans. En six mois, on aurait été licencié".

Et le syndicaliste CGT d'asséner: "Vous facilitez les fermetures d'entreprises et c'est comme ça que vous laissez croire aux Français que vous allez créer de l'emploi. On marche complètement sur la tête". Pour Emmanuel Macron, Mickael Wamen se trompe. Il estime en effet que le gouvernement "donne de la visibilité à tout le monde, aux salariés comme aux employeurs, et on aide les employeurs à prendre des risques".

"Interdire les licenciements, cela n'existe pas"

"Mais ce que vous êtes en train dire en voulant interdire le licenciement ou de mettre des cartons à celui qui embauche en lui disant 'Si tu t'en sépares, dans X années ça va peut-être te coûter une fortune' cela a une conséquence, qui fait souffrir les Français aujourd'hui: on n'embauche plus. C'est ça la réalité des choses", riposte l'ex-banquier d'affaires.

"Interdire le licenciement, c'est une idée facile, pardon de le dire, souligne encore Emmanuel Macron. On peut vous la répéter, cela fait plaisir sur un plateau. Mais la réalité des choses, quand vous interdisez le licenciement c'est que vous bloquez les embauches ! Cela n'existe pas d'interdire les licenciements ! Ou alors vous vivez dans une économie fermée administrée. Ça n'est pas l'économie française. Il y a en effet deux millions de salariés qui travaillent pour des entreprises étrangères. On a donc besoin de l'investissement et des entrepreneurs qui prennent des risques".

"Vous êtes le Montebourg bis"

"Vous parlez comme un député de l'opposition. Vous parlez comme Alain Gest ou Xavier Bertrand", lui réplique alors Mickael Wamen. "Que m'en importe, objecte le ministre. Je suis en train de vous dire la vérité. Ce qui m'importer c'est la reconversion des salariés, c'est la revitalisation du site". "Mais on est dans la merde, s'emporte le syndicaliste. Grâce à vous il y a 800 chômeurs de plus. Vous n'avez rien fait pour les salariés d'Amiens-Nord."

"Si, nous nous sommes battus. Et celui qui l'a fait c'est Arnaud Montebourg", considère pour sa part le ministre de l'Economie. "C'est facile de dire Arnaud Montebourg. Vous êtes le Arnaud Montebourg bis et vous faites pire que lui", conteste alors Mickael Wamen. Et d'évoquer enfin le plan Hollande contre le chômage: "J'ai voté pour quelqu'un de gauche et aujourd'hui cette personne protège le patronat et uniquement le patronat".