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Violences à Air France: "Non, les syndicats n'ont pas poussé les salariés"

Une enquête interne aurait permis d'identifier une dizaine de salariés impliqués dans l'agression de deux cadres de la compagnie, lundi. Si des délégués syndicaux étaient présents au moment de l'agression, Christophe Malloggi, secrétaire général de Force Ouvrière Air France, assure sur RMC qu'ils essayaient de protéger les deux cadres.

Il le reconnaît: parmi les manifestants qui ont violenté deux cadres d'Air France, en marge du CCE de l'entreprise ce lundi, il y a bien des délégués syndicaux. Une enquête interne aurait même permis d'identifier une dizaine de salariés impliqués dans ces violences. Parmi les personnels identifiés, une dizaine seraient des délégués syndicaux ou des élus du personnel CGT et Force Ouvrière.

"On a regardé toutes les vidéos pour essayer de démêler le vrai du faux et en effet on voit de nombreux délégués, reconnaît Christophe Malloggi, secrétaire général de Force Ouvrière Air France, ce jeudi sur RMC. Mais on les voit plus en train d'essayer de protéger et d'aider à extirper les deux directeurs plutôt que de mettre des coups", explique-t-il ce jeudi chez Jean-Jacques Bourdin. "D'ailleurs on voit de temps en temps des poings passer par derrière, et nos collègues qui sont de dos ne peuvent rien faire puisqu'ils essaient de protéger les cadres", assure le syndicaliste.

"La colère des salariés remonte à 2008"

Les syndicats CGT et FO sont pointés du doigt, accusés d'avoir mis de l'huile sur le feu. Une accusation rejetée en bloc par Christophe Malloggi. "Non les syndicats n'ont pas poussé les salariés", rejette-t-il. "Cette colère date de 2008, depuis qu'Air France perd de l'argent. Les salariés ont fait beaucoup d'efforts au moment du Plan Transform 2012", rappelle le secrétaire général de FO Air France.

"Certains salariés sont choqués, d'autres moins"

Christophe Maloggi est conscient que ces violences dégradent l'image des syndicats. "Certains salariés sont choqués, reconnaît-il. Mais d'autres le sont moins. Aujourd'hui il y a eu deux personnes agressés et on le condamne mais les salariés souffrent depuis des années et aujourd'hui cela atteint son summum". Une souffrance qui se vit au quotidien, selon le syndicaliste. "Nous, les dégâts, nous les voyons au quotidien. La violence sociale elle est présente tous les jours, quand des salariés rentrent chez eux le soir, qu'ils pleurent, qu'ils prennent des cachets. Des salariés qui n'ont plus la passion de leur travail".

Philippe Gril avec JJ. Bourdin