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"Tout le monde l’attendait mais pas de cette manière": la Corse enterre Yvan Colonna

Le cercueil d'Yvan Colonna partira en milieu de journée ce vendredi pour Cargèse, où une cérémonie aura lieu à partir de 15h à l'église du village. Et les Corses sont appelés à se figer.

Dans le village d'Yvan Colonna, les rares habitants arpentent les ruelles tous vêtus de noir. Autour, les volets des maisons et les rideaux de fer des commerces sont fermés. Cargèse, ville morte ? Non, Cargèse est en deuil, rectifie Béatrice, une amie de la famille Colonna.

"On habite à côté, on a toujours été proches. C’est une figure qui disparaît tragiquement, ça nous fait beaucoup de peine. On est tous peinés, le village est endeuillé parce que c’est un enfant du village", raconte-t-elle à RMC.

C'est ce vendredi que la nationaliste corse, condamné pour le meurtre du préfet Erignac en 1998, doit être enterré. Le cercueil d’Yvan Colonna doit faire un premier arrêt dans la maison familiale puis un deuxième près de ses oliviers avant le début des obsèques prévues à 15 heures. Seules 150 personnes pourront assister aux funérailles dans la petite église de Cargèse.

"Que justice soit faite", demande sa belle-mère

Parmi eux, Santa Casasoprana, la belle-mère d'Yvan Colonna. "Il n'a pas mérité ça, Yvan. Ça va être dur pour ma fille et mon petit-fils qui a 10 ans et qui voulait que son père revienne. Tout le monde est effondré. Que justice soit faite. On est tous peinés et en colère de ce qui est arrivé", assure-t-elle à RMC.

Autour, aucun préparatif, aucune installation particulière. Les funérailles célébrées par Monseigneur Forget promettent d’être intimes, comme l’a demandé la famille mais dehors, la foule sera immense dit-il. "La Corse est fière de lui. Tout le monde l’attendait mais pas de cette manière. Même si c’est une cérémonie privée, mais les gens ne vont pas écouter, on attend du monde".

Les préfets appellent au "calme" et à la "retenue"

Les silhouettes du nationaliste et les slogans anti-français, pourtant effacés dans la semaine, se sont de nouveau multipliés sur les murs de la ville. Yvan Colonna, c’est Cargèse, c’est la Corse, résume un habitant en chemise sombre.

À 15h précises, à l’heure des obsèques, c’est d'ailleurs toute la Corse qui devrait se figer pour une minute de silence. Les marins sont appelés à activer la corne de leur bateau dans les ports, les cheminots à arrêter leur train et plusieurs syndicats appellent à la fermeture de lieux publics.

Les préfets, eux, appellent au "calme" et à la "retenue" avant les obsèques, en saluant la mémoire du préfet Claude Erignac "lâchement assassiné" en février 1998.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec Guillaume Dussourt)